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IMMIGRATION ETRUSQUE

avaient été en contact avec les Hittites et leur influence s'était fait sentir sur eux; certains auteurs ne craignent même pas d'affirmer qu'il y a identité entre ces deux peuples 1 . Les Rhasêna avaient abordé en Italie par la côte orientale, près de laquelle on trouve deux villes du même nom, également fondées par eux : l'Hadria ou Hatria du delta Padan

et celle du Picenum, au sud de l'angle d' Ancône. Après s'être établis solidement sur les rivages « hadriatiques » et dans les vallées orientales des Apennins, ils franchirent la montagne par diverses brèches et se répandirent dans l'immense demi-cercle de

D'après G. Dennis.

INTÉRIEUR D'UNE TOMBE ÉTRUSQUE, TELLE QU'ELLE "EUT DÉCOUVERTE, EN 1842, peès DE VEH

plaines, de valions et de massifs secondaires, monts, collines et coteaux qui, d'après eux, porte encore l'ancien nom modifié en celui de Toscane. Peut-être des migrateurs étrusques se seraientils dirigés vers le nord à travers la plaine du Pô qu'ils auraient Iranchie pour se cantonner dans une vallée des Alpes. Ce n'est, du reste, qu'une supposition, car on n'a pas trouvé une seule monnaie étrusque au delà du grand fleuve; mais sur le versant germanique, le village de Rhàziïns, près du confluent des deux Rhins grisons, serait un témoin de la présence ou du passage des Rhasena. Cette coïncidence de noms, jointe au terme de Rhétie par lequel était désignée la région des hautes Alpes centrales, explique l'hypothèse de Mommsen donnant aux Etrusques une origine d'outre-monts : en tout cas, il est certain que les Rhétiens reçurent la civilisation des Etrusques et empruntèrent leur alphabet 2 . D'après Ïite-Live, les Rhasena de la Rhétie auraient été des fugitifs rejetés en dehors de leur nation par l'invasion gauloise de l'Italie 3 ; mais peut-être aussi se serait-il accompli un mouvement partiel des émigrants contournant au nord le golfe de l'Adriatique par la région des Alpes.

1. Cesare A. de Cara, Neuvième Congrès international des Orientalistes, 1891. — 2. A. Hedinger, Globus, 15 sept. 1900. — 3. André Lefèvré, L'Histoire, p. 153.

L'histoire du peuple d'Etrurie est d'une singulière obscurité, et l'on s'en étonne d'autant plus que l'antique civilisation des Etrusques se mêle pendant quelques siècles à celle des Romains qui se montrent à nous, sinon en pleine lumière, du moins dans l'éclat faux ou vrai de légendes vulgaires considérées comme de l'histoire. On peut se demander si les conditions sociales de ces populations tyrrhéniennes d'autrefois ne seraient pas, sinon mieux connues, du moins embrassées dans une meilleure idée d'ensemble, si elles nous avaient été révélées uniquement par les fouilles des tombeaux, par les découvertes de peintures murales et de poteries : les difficultés proviennent surtout de ce que l'on essaie de raccorder, sans y parvenir, la physionomie des Etruriens, telle que nous la donnent les documents préhistoriques, et leurs traits, tels qu'ils nous sont transmis par les histoires dé Rome. Une chose est certaine : les deux termes « Etrusques » et « Toscans » éveillent aussitôt des idées tout à fait différentes, même opposées, et ne s'accordent nullement avec l'évolution normale des caractères pendant le cours des âges, à travers toutes les vicissitudes historiques.

L'Etrurien, montré d'ordinaire par ses contemporains, apparaît non

comme un Italiote, plutôt

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tien. Cela provient sans doute de ce que l'image de ces nations a été faussée de la même, manière par les prêtres, fossoyeurs naturels des peuples dont ils ordonnent les rites D'après g. Deimis. et sur lesquels ils récitent lés

PANNEAU DÉCORATIF DE LA SALLE EU^BEAIRB prièrCS des HlOrtS. LeS multî-

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tuc ^ es agissantes sont tout autres dans le tumulte des villes que dans la frayeur des temples.

Les langues italiotes ont été partiellement déchiffrées par les savants, à l'exception de l'étrusque, resté encore très mystérieux; toutefois, la plupart des linguistes s'accordent à considérer le parler des Rhasena, de même que celui des Osques et des Ombriens, comme un dialecte d'origine aryenne, apparenté au latin. Ce qui ne permettait pas aux

D'après G. Dennis.

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