‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 301 sur 364 · TRAVERSÉE DES ALPES · texte numérisé non relu

TRAVERSÉE DES ALPES

qu'on avait d'abord envoyées contre eux en une tout autre direc-

N° 193. Itinéraire d'Hannibal au travers des Alpes.

E.deGr

isoKi

Itinéraire d Hannibal d'après Montanari (iiOO) - irait plein, col dujMont Genèvi©— ; d après Paul Azan (1902) — trait pointillé, col du Petit Mont-Cenis — ; d'après Konrad Lehmann (ly05) — trait discontinu, Petit Saint- Bernard. '".; ,

Les lettres marquées sur la carte indiquent les mêmes passages que celles portées sur la carte n° 196, page 481, mais la lettre K devrait se trouver sur la ligne en pointillé.

tion, l'une en Sicile, l'autre en Espagne. Extraordinaire; changement

de front qu'avaient dû opérer soudain toutes les forces de Rome ! Mais elle ne devait pas succomber. Si grand capitaine qu'ait été Hannibal, si prodigieusement habile à saisir les avantages que lui présentaient le champ de bataille, les conditions du milieu et l'état moral des troupes, il n'en restait pas moins un étranger, maître seulement du sol sur lequel il campait. Pour lutter victorieusement contre Rome

qu'entouraient des alliés et qui gardait ses libres communications maritimes, il aurait dû s'appuyer sur des peuples amis et retrouver contact avec la mère patrie. Mais les Gaulois ne l'avaient aidé qu'à demi, le roi de Macédoine n'avait été qu'un allié incertain, et, quoiqu'il eût réussi, par un détour à l'est des Apennins, à se cantonner dans l'Italie méridionale, à proximité de la Libye, il ne put recevoir de Cartbage que des secours très irréguliers , car la mer ne lui appartenait pas. Pourtant il ci. Aiinari. se maintint pendant

quinze années sur le territoire de l'ennemi, déplaçant son royaume avec son armée. Toutefois, les Romains, à leur tour, suivirent son exemple en portant la guerre hors de l'Italie, en Sicile, en Espagne, puis, avec'Scipion, devant Carfchage même: Ainsi le génie personnel d'Hannibal n'avait pu rien contre un fait géographique, la position dominante de, Rome comparée à celle de Carthage, arbre à la puissante ramure mais aux faibles racines.

Forgée à nouveau par la terrible guerre, la puissance romaine sortit de l'épreuve plus solide et plus étendue que dans la période pré

Musée de Naples.

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