Polybe, III, 49-6 à
AUDACIEUSE MARCHE D HANNlBAL
monts pour suivre l'itinéraire du grand capitaine et raconter l'expé-
N° 192. Théâtre des guerres puniques.
0°de Gr.
Cette carie est à VEchelle de 1 à 15 000 000.
Première guerre punique : Rome s'empare de Messine (1 ),...... an de Rome : 489
Prise d'Agrigente (2), en 492 ; Victoire navale des Romains, près de Mylae (3) 493
Victoire navale en face d'Eenome (4), 497; les Romains se portent en Afrique, sont
battus près de Tunis, 498, puis sur mer, en face de Drépane (5) 505
Hamilcar Barçâ se retranche sur la montagne dominant Panorme (6), mais la destruction d'une flotte de secours (5) lé force à demand n r la paix 512
Deuxième guerre punique : Hannibal prend Sagonte en 534
Il traverse les Alpes, bat les Romains près du Téssin (A) et de la Trébie (B),,.... 535 puis près du lac Trasimène (C), en 536; enfm à Cannes (B), en 537. Nombre de villes s'ouvrent devant lui, entre autres Capoue(E), mais les cités grecques restant fidèles à Rome, Hannibal prend Tarente(F), en 540. La chance tourne, Capoue est .
reprise, 542 ; Scipion s'empare de Carthagène et d'une partie de l'Espagne 544
Une armée de secours, conduite par le frère d'Hannibal, est détruite sur le Métaure (G),- 546 Hannibal se retire dans le sud de la Péninsule, mais Scipion portant la guerre en Afrique, lé Carthaginois quitte l'Italie et va se faire battre à Zama (H) . 551
Troisième guerre punique : les Romains, établis à U tique, cherchent querelle à Garthage, 607
dition d'après les témoins oculaires. A cette époque, un demi siècle
464 l'homme et la terre. — rome
Seulement s'était écoulé depuis les événements qu'il racontait, et l'historien put certainement rencontrer beaucoup de vieillards qui le renseignèrent sur les détails topographiques précis du chemin parcouru. Toutefois, Polybe, qui ne s'intéressait point à la géographie des Alpes, et que le manque de grandes villes, de lieux d'approvisionnement, de champs de bataille autorisait à ne pas localiser les étapes de la région, se borne à parler de la traversée des montagnes d'une manière tout à fait générale, et peut-être même le fait-il avec la préoccupation d'amoindrir le mérite du général carthaginois au point de vue statégique : très ami des Fabius et des Scipion, il ne voulut pas les désobliger en s'occupant trop longuement de leur illustre rival. La défaite finale d'Hannibal autorisait même le narrateur à manier l'ironie en parlant des hauts faits du Carthaginois.
L'obscurité du texte de Polybe, que ne dissipent point les récits de Tite-Live, postérieurs d'une centaine d'années, et qu'épaississent les mémoires des mille commentateurs, est restée si grande que, pour désigner le seuil des Alpes choisi par Hannibal, on a pu hésiter entre les divers cols qui se succèdent du sud au nord, puis à l'est, du col de FArgenlière au Saint-Gothard, sur un développement total de 4oo kilomètres environ : toutes les sentes fréquentées par les montagnards ont été énumérées comme frayées ou élargies par le fameux Carthaginois; mais, bien que la route qui remonte le long de l'Isère ait de nombreux partisans, la plupart des historiens modernes considèrent le passage du mont Genèvre, entre Briançon, sur la Durance, et Susa, sur la Doria Riparia, comme le lieu d'escalade choisi par Hannibal sur le conseil de ses guides allobroges 1 . C'est là sans doute qu'il devait rencontrer le moins de difficultés : elles furent grandes pourtant, puisque, dans la durée du temps employé à franchir les Alpes, il perdit la moitié de son armée. Quelques éléphants, des hommes au teint bronzé, des nègres même, descendus dans la plaine du Pô comme du haut des nuages, donnaient un bizarre aspect à cette troupe d'étrangers, à la rencontre desquels se hâtaient les Romains. Trop tard néanmoins, car les Carthaginois, unis aux Gaulois insurgés, rejetèrent successivement de l'autre côté du Pô et des Apennins les deux armées consulaires
l. Ernest Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, II et III, 259, 268.