CI. Biogî
EUE DE LiBONDAKCB A POMPBI
patricien, durent être apaisés par le sang de tout ce qui avait vécu sous le même toit.
Les horreurs de l'esclavage à domicile entraînaient, par la solidarité du crime, les horreurs de la traite dans tout le monde romain et par delà ses frontières. Il fallait pourvoir de domestiques et de travailleurs les palais et les villas des patriciens, et de toutes parts on cherchait à leur procurer ce gibier. Bien gouverner, c'était dépeupler l'empire pour augmenter le cortège des puissants, et la guerre ne suffisait pas toujours à pourvoir les ergastules, il fallait aussi l'intervention du commerce .« légitime ». Certaines catégories de marchands avaient pris la spécialité de la traite, surtout dans les pays d'Orient où s'entremêlaient des populations d'origine si diverses. Les Ciliciens
notamment étaient de grands pirates, brigands et marchands d'esclaves. Alimentés de captifs par les guerres de Syrie, ils se débarrassaient
rapidement de leur marchandise humaine, grâce au voisinage du marché cle Delos, qui pouvait en un jour recevoir et écouler plusieurs myriades d'esclaves, d'où ce proverbe si souvent cité : « Allons, vite, marchand, aborde, décharge, tout est vendu ! Home dévorait incessamment ces proies 1 .
Cependant, en ce groupe abject de la servitude, une certaine aristocratie se formait aussi parmi les - esclaves, car il en était parmi eux qui devenaient indispensables à leurs maîtres.
Tels étaient les Grecs que l'on employait à la garde ou à l'instruction des enfants, à la tenue des livres, à la rédaction des lettres, à la gérance des revenus et des propriétés. On en avait trop besoin pour ne pas se les attacher par d'autres liens que celui cle la propriété légale, et la plupart d'entre eux, dès la première ou deuxième génération, entraient dans la classe des affranchis, qui, 'par sa situation indécise entre patriciens et plébéiens, constituait un nouvel élément de démoralisation. C'est ainsi que, tout en conquérant la Grèce, Rome se trouvait conquise à son tour, et non seulement par l'intermédiaire des hommes libres, philo-
Cl. Brogi.