I. Les Premières Civilisations
pyrée. Dès les origines de l’histoire, ce métal était connu en Egypte, puisqu’on a trouvé une barre de fer maçonnée dans l’intérieur de la pyramide de Chéops ; mais, soit par méfiance, relativement à un objet d'invention moderne, soit par crainte des dieux lanceurs de météorites, les Egyptiens considéraient le fer comme impur; c’est avec une arme de ce métal que Typhou aurait tué Osiris, et la rouille qui, sous un climat moite, ronge promptement le corps métallique, était tenue poulie sang épaissi du Dieu. Un de ces très anciens outils fabiiqués en fer météorique a été retrouvé par Schliemann dans les ruines de Troie'.
Mais déjà ces divers travaux du mineur et du forgeron permettent de déterminer, dans la plupart des civilisations locales, un âge assez rapproché des siècles connus ou du moins entrevus par l’historien : les archéologues cherchent à en fixer les dates et ce travail leur est de plus en plus facilité par les multitudes de documents qui s’amassent dans les collections. Ainsi Glasinaï, en Croatie, nous fournit des objets par vingtaines de mille en pierre, en bronze et en fer.
Les progrès industriels de toute espèce qui se sont accomplis pendant la période préhistorique, dépassent certainement de beaucoup en importance tous ceux qu’enregistra l’histoire proprement dite, devait naturellement solliciter la passion, la joie artistique de l’ouvrier, et par conséquent faire naître l’art, compagnon nécessaire du travail libre.
En ces premiers âges, où les classes n’étaient point encore séparées, où le grand corps social n’avait que partiellement différencié ses organes, l’art n’avait probablement pas encore ses adeptes spéciaux vivant en dehors de la communauté. Chacun était son propre décorateur, chacun son propre artiste, de même que, pour tous les besoins de l’existence, chacun était son propre fournisseur, et dans le danger son propre champion.
Quand le primitif se trouvait aux aguets dans la brousse, attendant une proie pour la percer de ses flèches ou qu’il rampait à travers les herbes et les branches pour surprendre le gibier au repos, que de fois il dut voir des tableaux saisissants qui se gravèi'ent fortement dans sa mémoire : le puissant félin avançant prudemment la griffe et montrant ses crocs prêts à la morsure ; le pachyderme entourant un arbre de sa