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I. Patrick Geddes, Every Man his own Critic, p. 4o

h 1IO.VI.ME ET LA TEURE

tiquer l’art de la peinture, et, dans ce cas, ils perpétuaient leurs pensées ou transmettaient leurs messages aux passants par l’entaille de marque sur les arbres ou par l’entremêlement des branches, mais, de toutes manières, l’art et le besoin de parler à distance se donnaient satisfaction.

Dans la période rapprochée de nous, des tribus, que d’ordinaire on cite volontiers comme des exemples de peuplades à civilisation presque rudimentaire, furent précisément, grâce à la sécheresse du climat et à la fréquence des saillies rocheuses, au nombre des groupes humains ayant recours à la peinture.

Sur les bords du Glenelg, dans l’Australie nord-occidentale, l’illustre George Grey a vu de véritables tableaux en plusieurs tons — blanc, noir, jaune, rouge, — revêtus d’une gomme formant vernis; mais l’art indigène a maintenant disparu puisque les artistes eux-mêmes ont été massacrés.

De même on ne voit plus guère dans l’Afrique méridionale de peintures l’estées eu place sur les rochers noircis — les œuvres ont péri avec la race des artistes, San ou « gens de la brousse » (Bosjesmannen, Bushmen), — mais plusieurs de ces œuvres d’art ont été transportées dans les musées de Maritzburg et de Bloemfontein, et des reproductions s’en trouvent dans les importantes collections d’Europe La plus grande de ces compositions comprend trente-huit figures d’hommes et d’animaux, peints en quatre couleurs La scène, très vivante, représente une razzia de troupeaux faite par les Bosjesmannen, que poursuivent des Cafres armés de boucliers et de sagaies : les gens de la Brousse ont des arcs et des flèches, et, d’après le tableau, paraissent s’en servir avec succès; tout semble indiquer qu’ils remporteront la victoire *

Dans ses diverses manifestations, la peinture, de même que la gravure et la sculpture, devait servir à plusieurs fins. Elle fut d’abord le besoin de vivre avec la nature ambiante, de la faire rejaillir de soimême après l’avoir conquise, elle fut aussi le récit des événements, soit pour le cercle étroit de la tribu et pour une courte période de la vie,

I Weitzecker, Atli del primo Congresso geografico, vol. II, pp. 290 et suiv. — Frédéric Chrislol, DulleÜn de la Société de Géographie de Neuchâtel, tome IX, 1896-97.

l’art primitif et L s AR'IISrES

soit pour constituer de véritables annales pendant une longue durée de temps. En outre, la peinture, tout particulièrement sur les peaux ouvrées par les sauvages de l’Amérique du Nord, fut parfois une simple nomenclature, un moyen de comptabilité, comme l’emploient encore en beaucoup de pays civilisés les boulangers et fournisseurs quotidiens. Les formes peintes ont aussi très souvent un sens symbolique et se rapportent aux imaginations du peuple relativement à l’au-delà. Enfin, il est très probable qu’en beaucoup de circonstances les figurations diverses pratiquées sur les peaux et les rochers constituent une véritable éeriture idéographique ; elles doivent, à ce point de vue, être spécialement étudiées comme expression du langage.

D’après l’archéologue Piette, grand fouilleur de cavernes, les peintures de r « assise à galets coloriés « que l’on trouve dans les couches préhistoriques de la grotte du Mas d’Azil, succédant immédiatement à l’âge du renne, n’auraient été que des espèces d’hiéroglyphes; ce sont pour la plupart des bandes et des eercles de couleur rouge, qui paraissent avoir indiqué des nombres et représentaient aussi des faits et des idées'.

De même, les inscriptions gravées sur les rochers du val d’Inferno et du val de Fontanalba, inscriptions qui avaient valu à des lacs voisins le nom de a laes des Merveilles », n’ont laissé aucun doute dans l’esprit de ceux qui les ont déchiffrées : les images gravées, qui représentent des instruments, des animaux, des travaux d’agriculture, el

UN GAÎRE ET SES ORNEMENTS l)*après une photographie.

I. Ed. Piette, Bulletin de la Société d’ Anthropologie de Paris séance du i8 avril 1895

l’homme et la terre

qui témoignent des mœurs paisibles de cette antique population des montagnes, ne constituent pas seulement un ensemble artistique des plus intéressants, il faut y voir également une espèce d’écriture symbolique'. Ainsi que le fait remarquer très justement von Ihering^, l’écriture naquit avec la propriété du bétail Les marques de couleur

sur la peau du bœuf vivant furent les premiers signes d’écriture, et les premières tablettes à écrire se promenaient vivantes dans la prairie. L’application de la marque sur la peau du bœuf vivant conduisit à l’emploi de la peau du bœuf mort pour y reporter des faits qu’on tenait à se rappeler. Le cuir se revêtit de documents scripturaux : on y consigna les traités entre nations, on y écrivit des lois . De ces grossiers matériaux , qui servirent aux premiers Juifs, aux premiers Romains, naquit plus tard l’usage du parchemin chez les lettrés de Pergame

Indirectement, "les œuvres d’art laissées par nos devanciers de la préhistoire ont aussi contribué à nous faire connaître quelques traits de la civilisation pendant ces âges lointains On peut y apprendre vaguement quels étaient les types physiques des personnages mis en scène; on peut meme essayer de les classer suivant leurs types et de les rattacher à telle ou telle des races désignées conventionnellement comme les éléments distincts du genre humain. Ainsi, pendant la première période « glyptique », aux temps où de nombreux éléphants parcouraient les campagnes verdoyantes, au bord des lacs et des rivières et jusque dans, les hautes vallées que venaient d’abandonner

I. Arturo Issel, Le Rapi scolpite nelle aile Valli delle Alpi Maritime, p. a4a. — a. Des Indo-Européens avant l’Histoire, trad. par O. de Meulenaere, p. ag et suiv.

COMMENT LES INDIGÈNES DE NEU-LAUENBURG (archipel BISMARCK, MÉLANÉSIE ALLEMANDE) REPRÉSENTENT LES FANTOMES

Il’après une photographie.

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