‹ L'homme et la terreChapitre 113 sur 279 · I. Il O:\rAI K KT LA TE H UE · texte numérisé non relu

I. Il O:\rAI K KT LA TE H UE

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Si Ici QA-ait été réellement le mol)ile auquel obéit l'homme eu couvrant son corps, pourquoi nombre de peuples primitifs, Australiens, Mincopi, Botocudo', montrent-ils leur nudité sans honte? Et pourquoi chez tant de peuples, naguère chez les Juifs, tout récemment encore chez les Ethiopiens et les Galla, le grand trophée de guerre était-il la dépouille virile du guerrier? Et surtout pourquoi d’autres sauvages décorent-ils leurs formes naturelles de franges, de coquillages, de perles et de graines rouges, de verroteries, attirant ainsi l’attention au lieu de l’écarter? Pourquoi les Canaques de la Nouvelle-Calédonie et autres insulaires mélanésiens, pourquoi les Cafres de Lourenço-Marquez n’avaient-ils ou n’ont-ils encore d’autre pièce de vêtement qu’une simple enveloppe à l’extrémité du membre viril, soit un fourreau de feuilles pointues ou un petit turban d’étoffe, soit un coquillage ou une véritable boîte en bois, ou même, chez des Cafres riches, en ivoire ou en or ^ ? On comprend qu’en maintes contrées de brousses épineuses, le naturel ait à protéger soigneusement la partie exposée de son corps par une gaine ou un pagne, comme en portent presque tous les peuples sauvages; mais on ne saurait considérer comme un vêtement protecteur, ni surtout comme un voile de pudicité, ces ornements succincts, qui ne peuvent avoir d’autre résultat que de diriger les regai’ds vers le sexe de l’homme. Quelques franges de couleur, un coquillage brillant attirent également l’attention de l’homme vers la femme. La puissance d’attraction des sexes l’un vers l’autre s’accroît naturellement en proportion des ornements qui cachent et révèlent en même temps l’homme à la femme et la femme à l’homme. La pudeur est faite pour être vaincue, et souvent s’agrémente de coquetterie : c’est l’histoire de la nymphe qui s’enfuit vers les saules, se cachant à demi, inconsciemment peut-être, pour exciter d’autant plus l’ardeur de l’amant qui la poursuit.

Toutefois il n’est pas un fait d’ordre social qui n’ait des origines multiples, et tel est le cas pour l’emploi du vêtement : suivant les circonstances, il a pu servir à détourner l’attention, tandis que d’ordinaire il sert à la fixer, et le monde animal nous fournit des exemples dans les deux directions. Si l’oiseau se pare pour attirer la

I. Waitz et Gerland, Ethnographie, passim. — 2. P. Haan, Bulletin de la Société d’ Anthropologie, séance du i5 juillet 1897.

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