‹ L'homme et la terreChapitre 120 sur 279 · Catholiques k Goa, Saint-Thomas, Pondicherry, etc · texte numérisé non relu

Catholiques k Goa, Saint-Thomas, Pondicherry, etc

12. Protestants à Mangalore et Madura, mariages par les fleurs.

dans les mariages actuels, accompagnent les fianeés et les fiancées, ne

représentent pas, sans le savoir, les gens armés qui, de part et d’autre, combattaient jadis pour conquérir ou garder la proie d’amour. Mais les institutious, eomme les peuples, ont de multiples origines : des survivances de haine et des survivances d’amitié s’entremêlent en un même drame où les acteurs ne voient plus que du plaisir. De tout temps, quoi qu’on en dise, des atti’actions mutuelles ont dû faire naîti'C directement l’union entre l’homme et la femme. Un chapitre du Mahà-Bharata contient la description de tous les modes légaux du mai’iagc, au uomhrc de huit, et répondant évidemment aux coutumes de nations distinctes qui se sont fondues, à des âges difféi’cnts, daus le grand creuset de l’ilindustan.

Les diverses formes d’union sexuelle, du régime de la promiscuité à celui du libre contrat par consentement mutuel, resteraient incomprises si l’on oubliait que, dans le mariage, l’enfant est le troisième terme de la trinité familiale. C’est lui qui, daus l’euscinhlc social, eut la part d’action la plus importante, lui qui modela l’homme à son image'. 11 donna sa cohésion première au groupe d’individus des deux sexes vivant à l’aventure, de même que plus tard il donna sa raison d'être à la famille monogamique. SaTis rinilucncc prépondérante de l’enfant, on ne pourrait s’expliquer la période du matriarcat, dont l’existence était encoie ignorée naguère et que tant de documents, récemment étudiés, tant de faits d’observation prouvent avoir prévalu pendant de longs siècles chez un très grand nombre de peuples. Qucl- ([ues auteurs^ ont même Aonlu établir que l’humanité tout entière, dans une évolution primitive, aurait passé par cette phase : le gouvernement des mères. Ce qui rend cette hypothèse plus que douteuse est ([UC l’on ne trouve point l’institntion du matriarcat chez les peuples primitifs très inférieurs, tels ([ue les tribus les plus arriérées du Brésil et les Indiens de la c(')tc californienne : c’est chez des peuplades ayant déjà derrière elles un long passé de civilisation ([u’il faut chercher les formes de la famille matriarcale U L’état le plus barbare de la société est celui durant lc([nel rhomme domine, non parce ([u’il est le père, mais parce qn’il est le ])lus fort, qu’il apporte la plus grosse part do

I. (Jnyan, Morale d’Epiciire, page iCo. — 2. Bachofen, Mutterrechl . — 3. Ilcinrich Ciinow, Bases économiques du Matriarcal (Dc\cniv social, janvier 1898).

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