PATRIARCAT
le matriarcat ni le patriarcat, mais un système double de polygamie et de polyandrie, un retour savant Aers la promiscuité, mais sous une forme strictement réglée, entre propriétaires associés. Il a fallu tout un mélange d’astuce et de dépravation théologiques pour arriver à de pareilles combinaisons. Les types sociologiques sont aussi entremêlés c£ue les races.
Le patriarcat, qui, sous diverses formes, en dehors de Luniou libre, est deA^euu le type presque universel du mariage dans les sociétés modernes, a dû, comme le matriarcat, prendre ses origines non seulement dans la préhistoire, mais encore dans la préhnmanité. La différence des milieux et de l’évolution a fait surgir nécessairement des divergences de détail fort nombreuses ; toutefois on peut dire, d’une manière très générale, que le matriarcat s’explique par un fait naturel, « la naissance de l’enfant », et que le patriarcat a pour origine un acte de force, l’enlèvement, la conquête, faits d’ordre historicjue '.
Ce n’est donc point, comme l’imagine Mac Lellan, par suite d’une évolution lente que le patriarcat a succédé aux premières formes matrimoniales du groupement naturel des enfants, mais, au contraire, cette institution provient de causes AÛolentes, d’événements brusques, et l’évolution en a été tout à fait distincte, indépendante, ce qui n’a pas empêché des combinaisons et des mélanges à l'infini entre les deux types de mariages.
L’origine de la première u famille » dans le sens patriarcal, famille bien différente de celle que l’on entend de nos jours par ce mot, fut exactement la même que l’origine de l’Etat. Le chef vainqueur s’empare d'un pays et de tous les habitants qui s'y trouvent : c’est un fondateur d’Empire. Chaque guerrier qui fait partie de la bande conquérante a sa part de butin, terre, choses et hommes. Tout ce qui obéira désormais en qualité d’esclave ou de concubine fait partie de la « famille », terme qui désigna primitivement l’ensemble des biens, meubles et immeubles, enfants et serAiteurs
Et le pater-familias lui-même, le maitre de la famille, n’était point à l’origine considéré comme le géniteur, mais uniquement comme le protecteur de tout le petit Etat qui lui était échu par conquête ou
I. Lud-wig Guniplovicz, Neue deulsche Hiindschaa, vol. i, 1895, p. n43 et suiv. — 2. Michel Bréal et Anatole Bailly. Dictionnaire étymologique latin.
l'homme et la TEIUŒ
par héritage : le « père » peut le devenir par l’entremise d’un serviteur ou d’un parent; jusqu’après sa mort, il aequiert des enfants légitimes par l’institution du u lévirat n, qui oblige le frère à épouser la femme du frère défunt
Outre la guerre, fait capital dans la fondation de cette première famille patriarcale, les autres conditions du genre de vie contribuèrent à la prise de possession du pouvoir par l’homme. Chez les groupes vivant uniquement de la chasse, le male porte la nourriture au logis, tandis que la femme n’a qu’à garder les enfants à la maison et à s’occuper des travaux du ménage. Il est donc inévitable qu'en une pareille situation le père jouisse de la plus grande autorité : dieu dispensateur de la chair et du sang, il peut se figurer qu’il a, de la part des siens, quelque droit à l’adoration. Chez les peuples nomades, les mâles, étant les plus forts, ont à capturer, à dompter et à luer le bétail; ils prennent aussi tous les droits sur les femmes plus faibles, désignées par la nature pour la préparation des mets, pour le soin des enfants de l’homme et des petits de la bête. Le patriarcat, toutes choses égales d'ailleurs, doit en conséquence s’aggraver singnlièrement chez ces pasteurs, surtout lorsqu'ils sont en même temps des gucriiers et cherchent à s’asservir d’autres populations. Chaque nouvelle fournée tle captifs réagit sur la famille du vainqueur et rabaisse en proportion les droits de l’épouse.
Par suite de la lutte entre les deux principes, dérivés, l’un de la solidarité naturelle entre l’enfant et la mère, l’autre de la Aiolence exercée par les capteurs mâles, les deux types de mariage, le matriarcat et le patriarcat, se sont développés côte à côte dans la série des âges et suivant les vicissitudes des hommes, pienant ou perdant en force relative, sans jamais garder comme institution le point d’é(iuilibrc, qui est la parfaite égalité de droits entre les individus, et par conséquent entre les sexes.
Cependant, à Sumatra, les trois formes de mariage étaient nettement reconnues : le jugar, par lequel l’homme achetait la femme; Vanibel anak, par lequel la femme achetait l’homme, et le semando ou ménage des égaux''.
De même chez les llassanyé et les Hamites du Ilaul-iNil, on