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LE GRAND CONSEIL DES FEMMES, CHEZ LES WYANDOT

Dessin de George Roux d’après une photographie.

seule, ce qui est bien le régime du matriarcat; néanmoins la femme mène une existence des plus malheureuses : le mari la bat et uc lui permet pas de manger en sa présence'.

De meme en Béarn, ainsi qu’au Japon, le mari d'une liéritièrc, aînée des enfants, va demeurer chez elle et reçoit d’elle son nom, qui est en même temps celui de la terre et qui devient celui de toute la famille : ou pourrait en conclure à l’existence d’un véritable matriarcat, mais le mari, ([uellc que soit sa déférence envers l’héritière qui lui donne la fortune et le nom, u’en reste pas moins le chef, le maître incontesté^.

La polyandrie est une forme d’union c|ui dérive naturellement dii matriarcat. Dans runion de l’homme et de la femme, les deux éléments ont une tendance à maintenir quand même leur personnalité et par suite à prendre la prédominance suivant que l’uu ou l’autre se trouve faAorisé par le milieu. Or la femme, absolue maîtresse de ses

I. Laloy, Anthropoloffie, l. VIII, 1897, p. iio. — 2. .lacqvios I.ouibet, Revue de Morale sociale, 1899, p. iC)\.

L HOMMli ET LA TEHKE

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enfants, suhordonnant riiomnic à son pouvoir et comptant seule comme volonté dans la famille, n’avait point à combattre nue opinion hostile en prenant succcssivcmcnl, ou à la fois, plusieurs favoris : reine, elle n’avait ([u'à choisir. Mais son cœur étant volontiers fidèle conservateur des premières impressions, elle prenait d'ordinaire, même en 2)lcinc polyandrie, riiabitudc de maintenir la cohésion fayiiliale, en se donnant pour époux communs tous les fils d’une meme mère. C’est la forme du mariage qui |H’évalait jadis au ïihet — le i^ays des Bod — et chez tontes les populations de môme origine.

La polygynie est, dans le jîalriarcat, rinstitution correspondante à celle de la polyandrie dans le matriarcat. Toutefois le contraste n'est lias toujours absolu entre les deux types de mariages que caractérisent la domination des mères et celle des pères. Ainsi l'exemple que les auteurs se plaisent à citer comme témoignage de l'ancien matriarcat indique jiourtant la transition entre les deux systèmes ; Draupâdi, l’épouse des cinq fils de Pandou, est bien la « l'cinc » , mais non la maîtresse de la famille ; tout en s’étant donné plusieurs maris, elle n’a i^oint gardé le gouvernement de la maison, elle obéit. La forme patriarcale se môle donc, en ce cas iiarticulicr, à la forme matriarcale.

Un autre exemple que l’on cite volontiers est celui des Naïr de la cote de Malayalam ou Malabar; mais dans ce cas également, les deux régimes se soiTt entremêlés. Il est vrai : les femmes naïr, apj:)arlcnant à l’ancienne nation guerrière et dominatrice, choisissent et varient leurs époux, mais elles sont tenues de les prendre jiarmi les brahmanes, la caste envahissante venue du nord, armée de science et de ruse, habile à gouverner en s’abritant sous les hommages rendus à une suzeraineté officielle.

Les types de ces unions varient suivant rinilucncc jîlus ou moins grande des éléments ethniques représentés, mais tous offrent le caractère d’un comjoromis entre des institutions diverses et s’agencent d'une manière bizarre et compliquée. L’exemple le jîlus original de pareils mariages est jicnt-êtrc la « grande union » collective : époux brahmanes et femmes naïr se groupant en sociétés de plusieurs individus, même de douze [jar sexe, dont chaque mcmhre, homme et femme, a droit sur les autres membres du sexe ojiposé'. Ce n’est ici ni

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