TRIBU DE BERGERS ARABES, VIVA^T DANS UES STEPPES
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LIBEUÏÉ ET OPPRESSION
de l'Arabie, de meme que des îles voisines les unes des autres et peu ditï'éreutes eu grandeur et en ressources, notamment celles de la mer Kgée et de certains parages insulindiens, offraient des avantages analogues pour faciliter une constitution républicaine des babitanis. Des peuplades de bergers, vivant cbacuue dans un pli de la steppe, ont jni également se maintenir pendant de longs siècles dans un bel éipiilibre de paix et de liberté; mais lors([u’uu conquérant les ramassait en une borde, c’est-à-dire en un « camp de guerre ». ou liien que. lefoulées en masse par quelque révolution de la nature ou de l'iiistoii-e, elles étaient forcées par contre-coup de se dévei’ser violemment sur le monde,, tout changeait brusquement dans leur génie de vie et dans leur influence sur les autres bommes.
Il n'est pas de lléau comparable à celui d'une nation opprimée, (|ui fait retomber l’oppression, comme par une fureur de vengeance, sur les peuples qu’elle asservit à son tour. La tyrannie et l’écrasement s’étagent ainsi, se hiérarchisent dans rimmensité des foules, ayant à leur tête uu maître universel, à leur base une masse avilie d’esclaves, et comme intermédiaires une tourbe de gens, subordojinés d'une part, surimposés de l’autre, inlligeant rageusement à leurs inférieurs les avanies dont ils ont eux-méines souffert.
L’organisation ])oliti(|uc d'un ensemble considérable d'hommes dépend en très grande partie de leur nombre, car la domination d’un maître mystérieux sur des inconnus par l’intermédiaire de « lieutenants », de « proconsuls », de « vice-rois » est d’un maintien beaucoup plus difficile que les privilèges d’un camarade, d'un compagnon d'existence sur les centaines ou même les milliers d'hommes de son entourage.
Il est de toute évidence que les vicissitudes, les révoltes locales n'ont qu'une faible Aaleur historique en comparaison de révolutions embrassant des nations entières par une série de réactions directes ou indirectes. De là le rôle capital accompli dans l'évolution jiar tous les faits qui rompirent l’isolement des tribus, pour les mélanger avec d’autres sociétés, rapprochées ou lointaines, ou les unir en une .seule masse par des fédérations ou des conquêtes. Les cbangements du relief et des contours terrestres provenant de commotions volcaniques, d’écoulement de laves, d’écroulements, d'inondations, de tempêtes, eurent leur part dans le déplacement des peiqiles et leur
l’homme et la terue
remaniement, ainsi que les contagions et les fléaux de toute espèce, les gTiciTcs, les poursuites et les retraites. Les découvertes de passages à travers les montagnes, les forêts, les fleuves, les bras do mer furent aussi au nombre des grands événements survenus dans la préhistoire. 11 est vrai que ces derniers faits durent pour la plupart passer inaperçus, s’accomplissant en détail par mille initiatives locales.
Différents par les mœurs et les coutumes, la couleur et la nuance de la peau, le crâne, la structure des organes participant à l’émission de la voix, les groupes humains que le milieu découpait en hordes, tribus et nations, se sont trouvés si parfaitement isolés les uns des autres que ta bouche ne s’est plus accommodée à prononcer les mêmes sons ni l’oreille à les percevoir. Les langues se sont créées comme s’étaient formés les types nationaux et, comme ces mêmes types, elles ont cherché leur état d’équilibre, les unes pour se maintenir simplement, les autres pour gagner peu à peu en extension.
Autour du monde historique actuel constitué par les civilisations conscientes, se dessine le monde préhistorique des langues non écrites, ou recueillies seulement par les sociétés d’évangélisation religieuse françaises, allemandes, anglo-saxonnes surtout; et ces divers parlers, dont le nombre s’élève à plusieurs milliers, évoluent très diversement suivant les conditions qui les entourent : soit l’isolement, soit les relations amicales avec le voisinage, soit les pressions latérales qui les forcent à se déplacer, à se transformer, même à périr.
En Océanie, dans les terres si nombreuses de rinsulindc, la lutte s’est produite entre les langues générales à grande extension, telles que le maori, le malais et les idiomes locaux. Le contact, les échanges commerciaux ayant eu pour conséquence définitive d’unir, d’unifier les individus, il se trouve qu’après des millions d’années d’intercoursc, les grandes langues de trafic ont étendu leur aire sur de grandes surfaces ; cependant il ne manque pas de petites tribus, à Célêhès, dans la Aonvellc-Guinée, en Australie, possédant chacune, comme des nids d’oiseaux, leur parler différent. De même, dans le continent d'Afrique, de grandes langues conquérantes, l’arabe, le suaheli, le haoussa, divers idiomes bantou, et maintenant les jargons anglais et autres sabir l’emportent gradtiellcmcnt sur les