‹ L'homme et la terreChapitre 138 sur 279 · GANESA, L ELEPHANT, TYPE DE LA SAGESSE · texte numérisé non relu

GANESA, L ELEPHANT, TYPE DE LA SAGESSE

{Musfic Guimet.)

des divinités, vers

lesquelles se tournent les regards de deux cent millions d’hommes? Apis et Anuhis régnèrent pendant de longs siècles sur les riverains du Ml, et le dieu des Juifs n’avait-il pas, dans son entonrage immédiat, donné la force souveraine à des taureaux ailés ou « chérubins », à des « séj’aphins » ou grandes sauterelles.^ C’est aussi un culte religieux qui fut rendu par les tribus primitives aux bêtes de la forêt, de la savane cl de la mer, au cerf, an caribou, au chevreuil, à l’antilope, au castor, à l’ours, au bison, à Témn, au phoque.

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l'homme et la tekke

à la baleine, tous animaux que des groupes de familles revendiquaient orgueilleusement comme ancêtres. Par une sorte d’atavisme, des nègres d’Haïti — et on leur en fait un grand crime — adoraient meme le dieu de leurs ancêtres du Dahomey, le serpent Vaudou.

Même les chrétiens, au nom desquels des philosophes refusent la religiosité à ces animaux, dont le nom signifie pourtant « possesseurs du souffle », ou (( qui ont une âme », les chrétiens ont souvent manqué à la logique dans leur histoire religieuse, puisque mainte assemblée de l’Église, affirmant la responsabilité de tel ou tel animal, le condamna au bûcher, à la hart on à la hache. Et chaque évangéliste n'est-il pas souvent accompagné de son animal emblématique!* En réalité, chaque peuple se laisse aller volontiers à doter les êtres vivants de ses propres croyances. Les conciles chrétiens conjuraient les bêtes au nom de la « très sainte Trinité », et la mythologie du moyen-âge, faisant des animaux les interprètes de la Vierge ou de Satan, des saints ou des démons, leur attribuait toujours la plus sûre connaissance de la u sainte religion ».

De même, les Péruviens, fils des Quichua et des Aymara, qui furent eux-mêmes les adorateurs du dieu Soleil, ont assez gardé leur ancien culte pour s’imaginer {[uc les lamas, leurs animaux de charge, ne manquent jamais, au moment où l'astre se lève, de se tourner vers lui et de le saluer par de légers bêlements. Tro^J timides pour oser, malgré leurs prêtres venus d’outre-mer, se prosterner devant l'orbe sublime qui fait soudain resplendir les monts, les Andins se donnent leur doux compagnon de voyage pour suppléant dans cette a'uvrc religieuse'.

Les caravaniers musulmans de la Perse et de l’Arabie, ayant remarqué que les animaux du convoi, chameaux, chevaux et mulets, s'arrêtent soudain au moment où ils entendent la Aoix du muezzin qui, en tête de la caravane, sollieite les fidèles à la prière, en concluent que les bêtes elles -mêmes connaissent leur devoir eiiAers Allah ^

Mais sans recourir aux fables, il suffit d’étudier les bêtes avec lest[ucllcs nous vivons, pour voir fonctionner en elles le sentiment reli-

I. l*. Germain, Actes de la Société scientifique du Chili. — 2. Hermann Vambery, Siltenbilder aus déni Morgenland.

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