‹ L'homme et la terreChapitre 176 sur 279 · MŒURS ET CROYANCES. — MÈDES ET PERSES. — PERSES ET GRECS · texte numérisé non relu

MŒURS ET CROYANCES. — MÈDES ET PERSES. — PERSES ET GRECS

IL semble arbitraire de commencer par l’iranie la description de la Terre et des Peuples. Toutefois certaines considérations nous montrent qu’il est bien logique d’en agir ainsi et que pour nous, l’iiistoire proprement dite doit bien être attaquée par ce plateau médian, d’où les événements se sont déroulés d’un côté vers l’Orient, de l’autre vers l’Occident.

En procédant par élimination, il est naturel que l’on écarte tout

d’abord des recherches premières les deux continents du Nouveau Monde, découverts tardivement, ainsi que l’Afrique continentale, où tant de peuples sont restés sans cohésion, et les îles de l’Océanie dispersées au loin sur un espace illimité. Il convient évidemment de procéder en premier lieu à l’étude d’une partie de l’Ancien Monde qui est doublement centrale, à la fois par la géographie et par l’histoire. Or, cette région est incontestablement celle qui embrasse à la fois les Pamir, c’est-à-dire le grand massif de diramation des montagnes et des eaux, et les plaines de la Mésopotamie, où le Tigre et l’Euphrate se joignent, s’entrecroisent, se vivifient de leurs courants et de leurs civilisations diverses.

Ces deux foyers géographiques, si distincts par la fonction, forment le contraste majeur dans la région intermédiaire de l’Orient à l’Occident, et l’Iranie en est le lieu de passage et de jonction naturel. Pour le relief, le rayonnement des eaux, le mouvement des airs, les phénomènes du climat, les Pamir du grand plateau et les massifs qui s’y appuient constituent d’une façon évidente la clef de voûte de l’architecturc continentale. Mais ce point absolument central au point de vue matériel était par nature hostile à l’homme, c’est un centre de répulsion ; les peuples en marche et les voyageurs sont obligés de faire de gx’ands détours pour l’éviter, tandis qu’à l’ouest, l’autre centre, auquel on peut donner le nom de « potamien » à cause de ses deux fleuves, fut un rendez-vous des nations et un foyer majeur de civilisation. Ainsi deux unités géographiques s’affrontant en contraste absolu se sont différenciées dans l’Asie occidentale : le premier est devenu pour l’homme un u p(Me négatif », suivant l’expression d’Elie de Beaumont appliquée à l’Auvergne et aux Terres Centrales de la France C l’autre arrosée diamétralement par le Tigre et l’Euphrate est au contraire le « pôle positif », un lieu d’apjDcl et vie, le véritable cœur de tout le groupe continental.

Cette contrée de l’Asie Antérieure, qui se rattache par le pédoncule étroit de la Perse du nord, le long de l’Elhurz et du Caucase des Turkmènes, à tous les chemins de l’Asie orientale passant au nord et au sud des Pamir, est à la fois région continentale et région maritime par excellence En effet, elle occupe presque le milieu géo-

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