TYPE DE BARHTYARI NOMADE
Dessin de G Roux, d’après une photographie.
lions physiques du
milieu, présidant au mélange des éléments ethniques distincts qui venaient s’entrechoquer et s’unir sur les hautes terres de l’Iran, ‘Contribuèrent à déterminer ce beau type persan, l’un de ceux qui.
l’homme et la TICKKE
avec celui des Géorgiens et des Circassieiis, se rapproclie le plus de la beauté telle que nous la comprenons : les mêmes causes façonnèreut aussi le génie iranien, si rcmaïquable par la souplesse et la clarté de la compréhension. Les entants des écoles, groupés sur les nattes, ravissent d’admiiation le vovageur cuiopécn : leurs yeux brillent d’une ardeur intelligente, et ils secoiient leur petite tète frisée des gestes les plus s])irituels et les plus cliaiinaiils.
L’espace trapézoïdal de la Perse compris entre les remparts inégaux des moûts n’est pas également bien aménagé par la nature pour l’iicureuse floraison de la a plante homme ». Loin de là! Lue très forte part de ces hardes terres consiste en étendues rocheuses, argileuses, sableuses ou salines complètement inhabitables. Le plateau se creuse vers son milieu d’une cuvette aux pentes douces descendant jusqu’à une altitude de 3oo (i4o.3) mètres seulement au-dessus du niveau de la mer. Des rivières coulaient autrefois vers cette dépression médiane; une mer intéiicure ou du moins un vaste lac emplissait la cavité ; mais la dessiccation générale du climat a vaporisé ces nappes d’eau, tari ces rivières, stérilisé ces espaces par les effloi’escences salines, et la population a dù se borner à l’occrqDation des vallées herbeuses et des zones fertiles qui longent la base des monts. Même entre les arêtes parallèles de i)lusieurs des chaînes mojdagneuses qui se succèdent dans la partie sud-occidentale du plateau, s’étendent çà et là des espaces sans eau où l’homme n’a pu s’établir. Si le moulin à vent est d’origine persane, comme le disent les indigènes, la raison en est au souffle constant cjui balaie violemment les vastes espaces déserts et les pitons isolés au milieu des anciennes mers.
En étudiant les contours de ces légions forcément stériles de l’Iran, on constate que, dans renscmble, elles occupent avec leurs annexes les terres les plus basses affectant une forme à peu près triangulaire vers le centre, le sud et l’est du pays. D’autre part, les régions fertiles, invitant l’homme à la résidence et à l’agriculture, sont disposées en deux bandes se rencontrant sous un angle aigu dans la partie nord-occidentale du plateau.
Ce territoire s’enfonce sur un espace de plus de 5oo kilomètres entre deux rangées de hautes montagnes, de puissants massifs le limitent également au nord, les cônes de volcans isolés se di’essent
DÉPRESSIOIV CENTRALE, DÉSERT
çà et là dont l’un est complètement entouré par les eaux du lac d’Urmiah; un grand nombre de passages divergent de l’Azerbeïdjan vers tous les pays du pourtour, à l’est vers les côtes de la Caspienne, au nord vers la vallée de l’Araxe, à l’ouest vers le lac de Van, au sud-ouest vers le Tigre et l’Euphrate. Ainsi les pêcheurs
IM° 52. Carte physique de la Perse.
2000 Kil
riverains de la mer, les agriculteurs et les bergers des contrées transcaucasiennes, les montagnards karduques et arméniens des massifs occidentaux avaient de fréquentes occasions de se mêler ou de se heurter aux habitants de l’Atropatène et aux immigrants venus des contrées méridionales ou orientales de l’Iran en suivant la base des montagnes. La juxtaposition des deux bandes de culture
l’homme et la terre
et de population qui se rejoignent en cette contrée ne pouvait manquer de lui donner une vitalité puissante, comparable aux. flammes vives jaillissant au contact de deux braises. En outre, la diversité des éléments ethniques réunis dans l’avenue des montagnes, entre les sommets « divins », Demavend, Elvend, Savalan, Ararat, devait faciliter la naissance d’une grande civilisation. Là, dans le triangle Téhéran, Tabris, Hamadan, se trouva le centre de gravité de tout le
VUE DE LA VILLE DE MAUAGHA AU PIED DU SEUEND (aZERBEÏDJAN)
D'après une photographie de J. de Morgan (Mission archéologique en Perse)-
monde médique et persan qui s’était installé sur le plateau d’Iran, et là il se trouve encore.
Grâce à ses découvertes sur l’orientation géographique des noms cités dans les Véda, Brunnhofer crut pouvoir affirmer que les Aryens qui chantèrent les anciens hymnes habitaient précisément ces régions de l’Atropatène et les contrées voisines, à l’ouest vers l’Arménie, à l’est vers le Khorassan. Le volcan éteint que l’on appelle actuellement Savalan est le seul mont du haut duquel on puisse apercevoir à la fois la mer — la Caspienne, — le cours du fleuve Rasâ — l’Araxe, — et
AZERBEÏDJAN
les glorieux sommets neigeux de l’Himavat — l’Albordj ou Elburz. Le Savalan n’est autre que l’Açnavanta où se fit la révélation divine pour les fidèles de Zoroastre ' ; ce fut une montagne plus sainte encore que le Demavend et l’Ararat, ou plutôt la sainteté, comme une flamme,
No 53. Azerbeïdjan.
0 50 l'OO 150 200 Kil.
voyagea de cime en cime en même temps que les porteurs de torches qui cheminaient à leurs bases.
Des deux zones iraniennes convergeant vers l’angle de l’Atropatène, l’une, celle qui, de l’est à l’ouest, suit la base méridionale du Caucase