I. Hermann Brunnhofer, Vom Aral bis zur Gangâ, p. ii
iranien et de l’Elburz, a pris dans l’histoire une importance de premier ordre, grâce aux voies naturelles qui la continuent, d’un côté jusqu’aux extrémités de l’Asie, de l’autre vers l’Europe et l’Afrique. La zone occidentale, qui longe les montagnes bordières dans la direction du sud, doit certainement une grande valeur historique aux relations qu’elle établit entre les diverses provinces de l’Iran, surtout entre la Médie et la Perse proprement dites ; mais la route naturelle finit par se perdre à demi dans les régions presque désertes qui s’inclinent vers la mer Indienne, et des voies latérales, descendant à angle droit à travers les montagnes du côté de la Chaldée, détournent à l’ouest le mouvement des peuples et des idées.
Une de ces voies latérales, utilisant une très large brèche des monts occidentaux, contourne l’Elvend par le nord en une sorte d’escalier qu’on a dù pratiquer depuis un temps immémorial, car la différence des produits et des civilisations entre les deux contrées adjacentes, de la hauteur et de la plaine, rend les communications indispensables : des gens du plateau descendaient, fort nombreux, et, de leur côté, les gens d’en bas remontaient vers les terrasses.
Campées sur le gradin supérieur de cette porte, les armées de la Perse occupaient une position qu’il était presque impossible d’attaquer; mais, d’autre part, elles devaient être tentées de descendre les marches pour aller conquérir la plaine. L’histoire nous enseigne que les souverains de la Perse eurent presque toujours l’offensive et que, très souvent, poussant leurs armées comme des avalanches, ils envahirent les campagnes basses non seulement jusqu’à l’Euphrate, mais jusqu’à la Méditerranée et à l’Archipel. Le reflux des populations vaincues ramenait les Perses vers leurs montagnes, et c’est toujours aux passages de l’Euphrate ou du Tigre ou bien aux portes occidentales des monts Zagros que se livraient les batailles décisives. Les traditions nous parlent des grands conflits qui eurent lieu à l’orée des plaines entre les Élamites, c’est-à-dire les Perses de ce temps-là, et les Chaldéens ou Assyriens. Ayant commis l’imprudence de s’aventurer dans la plaine pour soutenir le choc de leurs adversaires, les rois de l’Iran couraient le risque d’être vaincus beaucoup plus que dans leurs défilés de montagnes. C’est ainsi que Darius vint se faii’e écraser par Alexandre dans les campagnes d’Arbelles. Plus tard, c’est dans la même région que les années romaines de Crassus, de Valérien, de
LE SOMMET DU DEMAVEND (VuG prise à 4 5oo iTiètres de hauteur)