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LIEUX DE BATAILLES

Julien le Philosophe furent anéanties par les Persans, et la « bataille des batailles », qui donna la Perse aux Mahométans, fut aussi livrée dans les terres basses entre le fleuve et les canaux du Tigre.

N° 54. Elburz oriental, Mazanderan

(Voir pages 386 et 388.)

MESTORIAN

(hecatompylos)'

0 50 100 I50kil.

La grande voie historique du nord de ITran conserve la même direction que le diaphragme asiatique formé par la série de hautes arêtes qui se continue jusqu’à l’Immaüs ou Himalaya. La partie occidentale de cette voie est tracée avec précision par la nature. L’arête de l’Elburz,

l’homme et la terke

l’ancien Albordj, qui portait déjà ce nom aux premiers temps historiques, se profile dans le ciel parallèlement à la route qui longe la base méridionale des monts. D’après les ouvrages sacrés des Iraniens, l’Albordj est la première montagne qui sortit des mains d’Ormuzd,, et le dieu lui confia le devoir de A^erser les eaux et de faiie naître les hommes. La religion iranienne voit dans l’Albordj le pays des sept

SOURCE u’eau chaude a tunekabum (mazanderan)

D’après une phulograpliie de J. de Morgan {Mission archéologique en Perse).

parties symétriques de la Terre, qui correspondent aux sept cieux des planètes et aux sept cercles de l’enfer, aux sept couleurs de l’arc-enciel, aux sept métaux de l'intérieur des roches et aux sept jours de la semaine, aux sept péchés capitaux et aux sept A^ertus cardinales. Car l’homme eut de tout temps l’idée du nombre, du rythme, de l’harmonie ; mais, dans sa puérilité première, il en chercha les lois dans la répétition identique des faits et en de grossières analogies, non dans

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la conespondaiice inliine des causes et des cllets. Le « ^lout des Génies »

IM° 55. Elburz occidental, Ghilan.

3vin

0 ' ' ' ' 100 20oK.

OU Demavend donnait' à ‘Fenscinble de l’Albordj une personnalité

divine, grâce peut-être à des éruptions de laves, et certainement à ses neiges, à ses colonnes de vapeurs, à ses déluges soudains, à ses flots d’eaux thermales jaillissantes . C’est l’ancien mont du Kaçyapa {kaspion oros) « qu’éclaire d’abord le soleil », dont le nom se communiqua à la mer « Caspienne », étendue à sa base.

A l’est du Demavend, les brèches sont nombreuses : c’est la région des « Cent Portes » ou des « Cent Pylônes », les Hékatompyles, où des « centaines » de sentiers descendaient vers les boi'ds de la Caspienne, offrant en cette partie de son pourtour une zone assez large de Campagnes très fertiles, le Mazanderan actuel. Aussi la ville de Hekatompylos, que de Gobineau identifie avec la moderne Damghan ‘ devint-elle à diverses reprises, sous la domination des Par thés, la capitale du monde iranien. Commerçants, colons, agriculteurs s’y groupèrent en un centre vital, déjà fameux dans la plus haute antiquité, puisque la tribu des Parniens qui en possédait les comptoii’s Bst signalée comme très riche jusque dans l’Inde lointaine^.

A l’ouest du formidable volcan, au contraire, la chaîne de l’Elburz présente très peu de brèches. Sur l’étroit littoral de la Caspienne il n’y avait guère de chemin : de ce côté, l’avenue côtière qui s’ouvrait devant les voyageurs était coupée de torrents rapides , interrompue par de vastes promontoires d’une escalade difficile, habitée de populations guerrières très disposées à rançonner les passants . Pratiquement cette série de défilés sinueux, qui se prolongent sur un espace de 800 kilomètres entre les déserts transcaspiens et les plaines de la Transcaucasie, reste fermée aux émigrations ethniques : malgré l’apparence que cette corniche du littoral prend sur la carte, il ne faut point la considérer comme formant une voie historique de signification majeure. Presque tous les étrangers qui s’aventurèrent sur ce rivage furent obligés de s’arrêter en route, soit pour combattre les montagnards du pays de Ghilan et chercher à s’emparer du sol sur lequel ils s’étaient hasardés, soit pour franchir la chaîne de l’Elburz et rejoindre, sur le versant opposé, la grande route des nations qui longe la face méridionale des monts.

A l’est de la Caspienne, la voie médiane de l’Asie se bifurque : une moitié suit la base méridionale du Caucase iranien, tandis que l’autre

I. Histoire des Perses, t. i, p. i4g. — 2. Hermann Brunnhofer, Urgesehichte der Aryer in Vorder and Central-Asien, Erster Band, p. i3i.

GHILAN, HYRCANIE

PONT DE LEÏS SUR LE RIZIL-UZEN (GHILAn).

D'après une photographie de J. de Morgan {Mission a»’chéologique en Perse).

descend au nord dans les plaines. En cet endroit, les cassures des monts donnent accès à plusieurs sentiers qui se dirigent vers l’angle sud-oriental de la mer et vers le cours inférieur de la rivière Gourgeii. Le point géographique occupé actuellement par la « Ville des Étoiles -> ou la « Ville des Mulets », — Astrabad ou Asterabad, — est un lieu historique par excellence, où devait naître une station de caravanes, où elle devait renaître aussitôt après le passage destructeur d’un conquérant. On essaya naturellement de fortifier l’entrée de l’escalier des monts, et l’on voit encore au delà du Gourgen les traces d’une muraille qui, partant des bords de la Caspienne, se prolonge au loin dans le désert et que les indigènes attribuent au héros légendaire, Alexandre aux deux Cornes. La persistance même de ce nom de Gourgen ou « des Loups » appliqué à un faible cours d’eau souvent presque tari, prouve l’importance capitale qu’eurent ces points stratégiques, car le Gourgen n’est autre que le Hirkhan, dont le nom fut donné à toute l’Hirkhanie (Hyrkania), c’est-à-dire aux régions qui s’étendent de l’Inde à la Caspienne ou « mer d’Hyrcanie ».

Toutefois les portes historiques ouvertes à travers cette partie du diaphragme de l’Asie n’ont qu’une valeur secondaire. Les seuils du

l’homme et la TEIlUE

Gourgcn mènent à des espaces déserts ou fai])lemcnt peuplés qui, pendant la période connue de nous, furent presque toujours occupés par des pillards. Les chemins latéraux, à droite, à gauche, sont dangereux ou du moins pénibles à parcourir. A droite, c’est-à-dire vers l’est, les monlagnes du Caucase des Turkmènes se profilent en plusieurs arêtes parallèles, qu’il faut contourner au nord par une succession d’étapes coïncidant avec les oasis ou du moins les terres humides situées à l’extrémité septentrionale des vallées. Pai-eil Amyage était beaucoup plus long et en outre plus périlleux que le parcours de la route méridionale, longeant sur le plateau d'Iran la hase des arêtes bordières.

Le lieu de passage par excellence entre les deux versants du diaphragme asiatique devait donc se trouver à l'endroit où les deux lleuA^es parallèles, dits aujourd'hui le Murgh-ab et le Heri-rud, traversent de part en part les arêtes du Paropamisus. Là des vallées fertiles occupent les deux versants, et deux cités qui, depuis, furent parmi les plus populeuses de la Terre, d'un côté Herat, de l’autre Merv, purent prendre naissance. Là les traversées de sables infertiles sont beaucoup moins longues que dans les autres régions bordières de l’iranie, et même l’on peut, en se dirigeant aa nord-ouest, gagner le cours de l’Oxus et scs campagnes riveraijies par des contrées qu’arrosent des gaves abondants, tlesccndiis des montagnes voisines. En cet endroit tout le système du relief asiatique se trouve évidé comme par un vaste golfe où les popnlations se sont massées en nombre et où, de temps en temps, la pression des migrations et des conquérants a dù refouler les habitants de l’autre coté des montagnes : là se dessine la grande courbe du chemin naturel de l’Asie médiane.

L’étude de l’Ancien Monde dans son ensemble relativement à l’Iran nous montre d’une manière évidente l’importance capitale de cette route historique de la Perse comme tronc commun des principales voies géographiques que nous allons énumérer.

Le continent d’Afri([ue n’avait jadis de rapports avec l’Asie que par ses côtes nord-orientales et par le pays des Hymiarites à l’entrée de la mer Rouge : c’est donc par l’isthme de Suez ou par le détroit de Babel-Mandcb que l’intlueuce africaine devait se propager jusqu’à l’Iran, en passant par le bassin de l'Euphrate. Les contrées méditerranéennes, prolongeant leur axe vers file de Chypre et le golfe d’Alexandrette,

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