Relief de l’Asie centrale
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nal et plus généreux, à cinq ou six cents kilomètres plus près de l’équateur, beaucoup plus riche en eaux vives et jouissant par les cols du Paropamisus de communications naturelles plus directes avec l’Inde et l’Iran, eut par conséquent une histoire- plus active, une vie plus intense
l’homme et la terre
que le pays de Ferghana. Des dizaines de millions d’hommes pourraient vivre à l’aise dans ce large hassin parfaitement arrosé en toute son étendue, et, d’après les légendes aussi hieu que d’après les traditions, la population fut en effet extrêmement dense en cette région La partie la plus riche de ce territoire constituait la fameuse Bactriane, dont la cité principale — Tà B'zxtsa, — presque identique de nom à celui de Bakhtyari des montagnes iraniennes, indique prohahlement une étape des émigrants qui partirent de ce pays pour coloniser la Chine sous la conduite d’un ÎSakhonta, devenu plus tard, dit-on, l’empereur Chi-Hoangti'. La légende nous montre le fabuleux Zoroastre prêchant à ses premiers disciples dans la Bactriane; plus tax’d ce pays devint aussi un foyer de propagande bouddhique, pour se faire ensuite, sous la domination des Séleucides et de leurs successeurs indépendants, le centre du mouvement hellénique dans l’Asie centrale. Dans le Vendidâd, le nom de Bactres, Bâkhdi, « le pays des Hauts Étendards », est une expression symbolique de la royauté et de la puissance guerrière^.
Au nord de la Bactriane, sur le versant opposé de la vallée de l’Oxus, naquirent d’autres cités importantes : telle, dans la Sogdiane, Marcanda (Samarkand), qu’entourait un mur de de i3 kilomètres à l’époque d’Alexandre et qui devait être un jour la somptueuse capitale de Tamerlan. A l’ouest de la Bactriane et de la Sogdiane, la Margiane, c’est-à-dire la féconde vallée du Margos ou Murghab, et la Kharezmie, autrement dit les « Pays-Bas » que forme le delta de l’Oxus, devaient également prendre une grande importance par leurs produits et leur civilisation, grâce à leur extrême abondance d’eau. Surtout la Margiane, la « terre la plus fertile du monde », où l’un des Séleucides avait fait bâtir à sa gloire la cité d’Antioche margienne, entourée, dit-on, elle et ses jardins, d’un mur de 276 kilomètres en circonférence, acquit une valeur considérable dans l’économie de l’ancien Iran , par le fait de sa position dans l’échancrure du Paropamisus, à un endroit qui est un rendez-vous naturel pour le commerce et pour les peuples en marche. La rivière qui arrose les cultures de cette Antioche ancienne, la Merv moderne, provient d’une brèche basse des monts, et, plus à l’ouest, une
I. Terrien de la Couperie, Oriental and Babylonian Record — 2. Fr. Lenormant, Les Origines de l’Histoire, t. II, p. 5og.