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Henry Rawlinson, Geogrophical JournJ, i8g3, p

COMMUiMCATIONS EiSTRE LA BACÏRIANE ET L INDE

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Cette route naturelle, suiAant dans presque toute son étendue des vallées dont les eaux se dé\"ersent dans la profonde dépression

N“ 62. Diaphragme montagneux entre la Bactriane et le Pendjab.

D’après VEtai Mfyor rassA.

O SO lOO 150 200 250 Kil.

de la Drangiane, le Seïstan actuel, aboutit, près des montagnes qui dominent les plaines de l’indus, à un centre de vie analogue à celui de Herat : c’est l’endroit où s’élève actuellement la cité de Kandahar, dont la légende raconte, comme de Herat et de plusieurs villes de l’Asie, qu’elle fut fondée soit par le premier homme, soit l’un

des siens. Le sens vrai de ce récit est qu’en ces endroits où se rencontrent forcément de grands courants historiques, des agglomérats urbains durent se former en grand nombre dès que les nations se mirent en mouvement.

Mais cette route si commode, ouverte des rives caspiennes à celles de la mer des Indes, a pour point de départ à son extrémité septentrionale la région presque déserte que parcourent les nomades autour des oasis de la Margiane, puis après avoir décrit son énorme courbe dans la partie la moins populeuse du pays afghan , elle aboutit directement par les bi'èches du Sulaïman-dagh aux plaines les plus brûlantes et les moins habitées de celles où serpente l’indus. Par cette voie longue et détournée l’appel réciproque des peuples n’avait qu’une faible tension; souvent l’étincelle électrique ne pouvait jaillir à cause de la distance. C’est beaucoup plus à l’est et au nord du chemin de Merv à Kandahar que devait se produire le rapprochement le plus énergique entre les foules humaines, car en ce lieu la largeur du plateau de séparation entre les campagnes de l’Oxus et celles des Sept Rivières ne dépasse guère 3oo kilomètres en droite ligne, et les deux points extrêmes, de départ et d’arrivée, se trouvent en des contrées populeuses. Jadis des millions d’hommes se pressaient dans la Bactriane; d’autre part, l’angle nord-occidental delà péninsule hindoue contient une population qui paraît avoir toujours été assez dense et qui se continue à l’est par des foules agricoles en nombre prodigieux; enfin une vallée, s’élargissant de distance en distance pour former de petits bassins, offre un chemin facile sur une grande partie de l’espace montagneux intermédiaire : c’est celle de l’ancien Cophen, la rivière dite actuellement de Kabul.

Les forces d’attraction que les deux contrées de la Bactriane et de la plaine hindoue exerçaient l’une sur l’autre, sur les marchands, les missionnaires, les guerriers, devait donc déterminer la fréquentation des sentiers de montagnes les plus faciles. Dans cette partie de la haute arête de l’Hindu-Kuch, plusieurs chemins se présentent, mais, de tous, les plus faciles sont ceux qui, passant par les brèches de Karakotal et de Bamian, franchissent la grande chaîne à des hauteurs diverses, entre 3 ooo et 4 ooo mètres, soit pour descendre directement par la vallée d’un affluent du Kabul, soit pour gagner cette rivière ellemême dans sa longue coulière granitique. Un autre col de la même cassure des monts permet de prendre une route latérale se dirigeant

ROUTES DE BACTRES A KABUL 4l3

au sud-ouest vers le Seïstaii et la Perse : c’est la fourche dite actuclle-

N° 63. Col de Bamian.

D'après les cartes de- l'Année des Indes.

0 50 100 isoKil.

Il est à peine besoin de faire remarc|uer les divergences que présentent les caries n“ C2 et n“ 63. établies d après des documents différents.

ment Hadji-kak ou u Pas des pèlerins », nom qui rappelle les caravanes de musulmans en marche vers les villes saintes de la Mésopotamie et

l’homme et la terre

du littoral de la mer Rouge. Ainsi cet ensemble de brèches constitue un centre vital de la plus haute importance historique; peut-être n’en est-il pas dans le monde qni puisse lui être comparé. Des villes puissantes ne pouvaient manquer d’être fondées de part et d’autre aux abords de ces passages de tout temps utilisés par les voyageurs pacifiques et convoités par les conquérants. C’est par là, sans nul doute, qu’à l’aurore de notre histoire, s’établit le va-et-vient des peuples de langue aryenne entre les deux versants du Caucase indien.

En dehors de ces voies historiques et de leurs abords, les contrées de l’ancienne Arachosie sont disposées de manière à protéger contre tout changement les populations résidantes. Les massifs de montagnes, constituant autant de domaines séparés, favorisent la conservation des régimes anciens, le maintien des mœurs primitives; sans doute, mainte et mainte peuplade des lieux écartés restèrent aux mêmes endroits, dans les mêmes conditions de vie, pendant les âges antiques aussi bien que durant les siècles qui succédèrent à l’expédition d’Alexandre. La Draii,giane, à mi-distance de la montagne et de la plaine brûlée, est un lieu de repos où pourtant la proximité des grandes routes de passage et des centres de civilisation dut permettre à la culture de pénétrer et de se développer sous une forme originale. L’histoire ancienne de ce pays est encore à étudier.

Dans les régions méridionales qui s’étendent au sud de la dépi'ession où coule le fleuve Helmand et où dorment les lacs salés du Seïstan, d’autres régions montueuses sont également habitées par des tribus sédentaires, que protègent, comme les murs d’une citadelle,- les âpres rochers de leur enceinte. Mais là s’arrête la ressemblance des milieux. D’abord ces massifs sont notablement moins élevés en moyenne que les monts détachés du formidable rempart de l’Hindu-Kuch et, par suite de leur orientation, offrent beaucoup moins de retraites favorables. Puis, situés sous un climat différent, très sec, aux pluies irrégulières et rarement suffisantes, ces monts ne laissent pas germer de végétation assez abondante pour que les habitants de la contrée puissent compter sur des récoltes annuelles et souvent le manque de ressources suffisantes les force à l’immigration partielle ou collective, pacifique ou guerrière. D’autre part, l’attaque de leurs réduits est facilitée par l’existence de nombreuses plaines intermédiaires se ramifiant en larges allées à travers tout le territoire de l’ancien Kadru, « le pays des Bruns », ainsi nommé de la

ARACHOSIE, DRAAGIAAE, GEDROSIE

couleur de ses habitants, les Brahni, les « Éthiopiens » d’Hérodote*. Les Grecs ont changé le nom de Kadru en celui de Gédrosie : c’est le Balutchistan actuel.

INaturellement les riverains de la mer des Indes et du golfe Persique N° 64. Seïstan ou Drangiane.

0 100 200 300 400 sooKil.

La forme et rétendue des lacs salés où aboutissent l'Helmand et les autres rivières du Seïstan sont soumises à des variations continuelles.

devaient chercher à établir un trafic régulier et des communications fréquentes le long du littoral. Cette voie, l’histoire nous le dit, fut en > effet pratiquée, non seulement par de faibles caravanes, mais aussi par

I. Hermann Brunnhofer, Urgeschichte der Arier in Vorder-and Central- As ien, Erster Band, p. log.

l’homme et la terre

des armées : toutefois le manque d’eau dans les ouadi de la côte, le petit nombre des habitants, les dangers de la soif et de la faim, ont souvent éloigne les marchands et les guerriers de cette route naturelle qui d’ailleurs ne présente pas d’obstacles matériels; ce ne sont pas les rochers, mais les sables arides qui ont fait de la Gédrosie une région de souffrance et d’effroi pour les voyageurs. Les incursions de pillards, apparaissant soudain comme des volées de corbeaux, sont également à craindre en ce pays brûlé. De tout temps la route maritime, des ports voisins de l’Indus à ceux du golfe Persique,fut plus fréquentée que la route de terre et les quelques villes qui se montrent de distance en distance sur la côte doivent surtout aux visites des navires de cabotage leur importance relative et leur population.

L’étude des éléments ethniques réunis entre les Pamir et la Potamie montre dès l’origine de l’iiistoire trois races juxtaposées : Sémites, Aryens et — ardente controverse linguistique' — u Touraniens ». Les pi’emiers s’arrêtaient au pied du Zagros, les deux derniers se disputaient la possession du plateau sans qu’on puisse dire qui en avaient été les premiers occupants. Les « Touraniens anciens » dont il s’agit ici et dont la parenté avec les Touraniens Altaïens (Tartares, Mongols, Turs, Hongrois, Finnois) n’est que matière à conjecture, étaient probablement entrés dans le pays par l’angle sud-oriental de la Caspienne, puis, escaladant le plateau d’Iran, ils avaient envahi l’Atropatène, région de l’ancienne Médie. Plus au sud, ils occupaient aussi une grande partie des vallées de la haute Susiane, Enfin, les Akkad ou « montagnards », de meme ox'igine, étaient descendus dans les plaines de la Mésopotamie, où ils se rencontrèrent avec des populations de toute provenance, venues peut-être du sud et du sud-ouest et composées principalement de Sémites plus ou moins modifiés par d’autres éléments.

Sur les hautes teiTcs de l’iranie, les rivaux et combattants appartenaient en très grande majorité aux deux races aryenne et touranienne qui déjà eberebaient l’équilibre dans le groupement de leurs nations respectives; le sud et l’est du plateau, de l’Arachosie à la province de

I. Question sumérienne. J, d’Oppert, J. de Morgan, Iloniinel, etc. — Halévy, G U yard, etc.

POPULATIONS d’iRANIE 4i7

Perse (Perside), étaient occupés par des populations aryennes, leur pré-

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