Chaldéens
On remarquera une certaine divergence entre le texte et les renseignements de la carte, ici, les Elamites sont cons'dérés comme ayant été aryanisés.
pondérance diminuait dans la direction du nord-est. Un célèbre passage
d’Hcrodote (I, loi) énumère les six tribus (geuea) des Mèdes, et de l’iiiterprétaliou de deurs noms qu’ont tentée Oppert et Lenormant, il semble résulter que deux tribus, Fune spécialement désignée comme la « race des Aryens » et l’autre comme celle des Mages ou des « Meilleurs », étaient de même origine que le peuple perse; mais les quati'e autres divisions ethniques constituaient peut-être le fond « touranien » de la population rurale, partagée en deux groupes, agriculteurs sédentaires et pasteurs nomades'. 11 y a vingt-six siècles, la région des hautes terres, comprise entre le versant de l’Araxe et le plateau d’Iran, était encore habitée par des populations non mélangées d’Aryens. On peut donc jusqu’à un certain point symboliser l’antagonisme des Touraniens et des Aryens qui habitaient le plateau d’entre Caspienne et mer d’Oman par la lutte séculaire entre ces deux fractions d’une même famille, Mèdes et Perses.
Dans la version médique des inscriptions gravées par ordre des souverains akbéménides, tous les mots du langage politique et administratif sont directement empruntés à l’idiome aryen des classes supérieures, c’est-à-dire au perse (qu’il ne faut pas confondre avec le persan d’aujourd’hui, imprégné d’arabe depuis la conquête mahométane) ; mais^ la masse du peuple asservi, au nord-ouest du plateau d’Iran, continua longtemps de parler la langue non aryenne, et les rois de Perse eurent à l’adopter comme l’un des langages officiels de l’empire. Dans les textes trilingues que nous voyons encore sur les parois des rochers, la deuxième place, après le perse, est occupée par une langue agglutinative dans laquelle certains spécialistes croient reconnaître une parenté avec les idiomes turcs ; cette langue était le parler populaire (mède? néo-anzanite?) qui, représentant la tradition, reçut en conséquence un rang d’honneur avant le babylonieiT, suivi à son tour de l’égyptien dans les édits quadrilingues^. En deux endroits de l’ancienzie Médie, mentionnés par SpiegeD, les explorateurs ont signalé des inscriptions en une seule langue, certainement touranienne, dit-on, que parlaient les anciens habitants du pays dominé par les conquérants aryens.
Les savants ne sauraient encore se hasarder à dire dans quelle pro-
I. Fr. Lenormant, Les Origines de l'Histoire, tome II, p. 489 et suiv. — 2. Oppert, Le Peuple et la langue des Mèdes-, Lenormant, passim; J. Ilalévy, La prétendue langued'Accad; Les prétendus mots sumériens, J. de Morgan. — 3. Erân, p. 34.
IRANIE ET TOURAME
portion les cIcua éléments ethniques se trouvaient représentés dans le mélange des populations de la MéJie, quoique le fait de la communauté d’origine entre nos langues de l’Europe occidentale et le parler aryen des Perses nous porte, par un instinct naturel d’égoïsme, à donner auv Aryens de l’Iran un rôle prépondérant au point de vue numérique aussi bien que politique, et à placer volontiers au premier rang les Perses proprement dits.
COUPE DES ALLUVIONS RENFERMANT LES RUINES DE l’ ANCIENNE VILLE d’aMOL
D’après une photographie de J. de Morgan (Mission archéologique en Perse).
a. Terrain d’anciennes alluvions sur lequel fut bâtie la ville. f. Bon sol.
m, P, C, P, R. Fondations, caniveaux, dallage. d. Niveau supérieur des ruines.
n. Niveau actuel des alluvions.
Du reste, la lutte ayant cessé entre les peuples, puis entre les langues, n’en continua pas moins sur un autre terrain et particulièrement quant au mode de penser et d’agir entre la religion dualiste des Aryens et le magisme ou chamanisme des Touraniens ' ; mais cette opposition fut sourde et inconsciente, elle n’empêcha point de se manifester un autre antagonisme qui, en quelque sorte, a subsisté jusqu’à nos jours.
Les indigènes de l’Iran, portés naturellement, comme les autres peuples, à se donner une valeur de premier ordre parmi les groupes ethniques, ne se trompèrent point quand ils revendiquèrent pour leur