Palais de Darius (Apadana
recouvertes de signes qui n’ont pas encore été complètement déchiffrés, mais qui représentent certainement des pièces de comptabilité datant de près de 6ooo ans. Le nom du plus ancien roi qu’on ait retrouvé remonte à peu près à la même époque.
Depuis ces premiers indices historiques jusqu’à la destruction de Suse par les Assyriens, c’est-à-dire pendant une période de plus de trois
mille années, la reconstitution de l’histoire de l’Elam n’est que le récit de l’antagonisme incessant qui exista entre les princes de Suse et ceux de villes de la Chaldée. Les inscriptions en font foi : la langue officielle de la Susiane était tour à tour sémitique (ou babylonienne) et touranienne (plus spécialement anzanite) suivant que le vainqueur régnait à Babylone ou à Suse.
Les guerres n’empêchaient point pourtant les relations de commerce et de civilisation de s’établir entre les habitants de la Chaldée, Sémites ou sémitisés et les ïouraniens adossés au rempart iranien.
Les Élamites appartenaient à une ère de culture très ancienne; on peut même dire plus ancienne que celle des riverains des grands fleuves d’en bas, puisqu’ils ^habitaient déjà leur territoire alors que la plaine émergeait à peine de l’eau. Telle serait la cause de la désignation de leur pays par les Babyloniens : Vaniiqm terre d’Élam. Ils avaient une industrie déjà très développée, sachant sarcler et labourer le sol, semer le millet et le froment. C’est dans leur pays que, venant de l’Inde par le golfe Persique, s’était introduite, dès les temps préhistoriques, la culture de la canne à sucre qui avait valu à ces contrées le nom de Khuz (Suse) ou de « Pays du sucre » L
Ils savaient atteler deux chevaux de front à leur char de guerre et se servaient de catapultes pour ébranler les murailles. Ils ornaient leurs poteries de formes variées, et fondaient les métaux nobles, l’or, l’argent, le cuivre. Comme astronomes et mathématiciens , ils participaient à la science des Chaldéens , pratiquaient des calculs , prédisaient le retour des éclipses et connaissaient « le nombre d’or n, c’està-dire la période de dix-neuf années après laquelle le soleil et la lune se retrouvent dans la même situation par rapport à la terre. Ils divisaient le temps, années, mois, semaines et jours exactement comme leurs voisins^ potamiens; enfin, ils possédaient l’écriture, trésor des trésors.
La période glorieuse de la puissance élamite remonte à quarantedeux siècles avant nous A cette époque, des rois désignés sous le nom de Nakhonte ou de Nakhunta régnaient à Suse; leur domination s’étendait vers l’ouest jusqu’à la Méditerranée ; nous ne pouvons dire