‹ L'homme et la terreChapitre 206 sur 279 · Hache · texte numérisé non relu

Hache

D’après x.ne photographie de J. de Morgan (Mission archéologiiiue en Perse).

il faut agiter la main suivant les rites prescrits. La braise est, sur la pierre du foyer, ce que pour l’Univers est le triomphant Soleil, présidant chaque jour à l’œuvre du travail.

Cette religion primitive de la flamme vivifiante a persisté de tous temps, pénétrant les autres religions, même celles qui sont nées de

répouvante de la mort : il n’est pas d’églisè où ne brille une petite flamme qui ne doit pas s’éteindre, où des vierges, symbolisant la durée de la vie nationale par l’adoration perpétuelle, ne soient chargées d’entretenir le feu continu de la braise ou de la foudre. Mais dans les cultes confiés à la gérance des prêtres, le symbolisme a remplacé la réalité concrète, et la foi n’est plus vivante comme elle l’est encore dans les montagnes d’Iranie et en maint village d’Europe, où les ménagères recouvrent soigneusement la bûche du soir, pour en retrouver, au matin, les charbons vifs, et pour en transmettre l’ardeur cachée au sarment qui pétille. De tout temps, ces ménagères furent les véritables prêtresses du feu.

Une autre religion naquit pour les ancêtres des Iraniens lorsqu’un des inventeurs de ces temps antiques imagina de fixer un pieu tranchant ou un couteau de silex à un araire primitif traîné par des bœufs domestiques, les animaux les plus respectés après le chien, qui, soit dit en passant, était déjà un ami et que l’on nommait aussitôt après les hommes libres U

On ne sait où se fit cette découverte de l’aération méthodique du sol fécond, mais la vénération que les Aryens orientaux des Védas professent pour le labour montre que cette pratique leur était héréditaire, et guide l’esprit du chercheur vers les plateaux desquels ils étaient descendus. D’autre part, on retrouve la connaissance de la charrue au pied du versant occidental de l’Iran, dans la Mésopotamie, à une époque, datant d’au moins sept mille années. De ces contrées de la Gis-Iranie et de la Trans-Iranie, la découverte du labourage se répandit sur une très grande partie de l’Ancien Monde, soit directement, soit en remplacement du mode de culture à la bêche, beaucoup plus simple, précédemment en usage.

La révolution qui s’accomplit dans la société, et, par suite, dans le monde de la pensée, grâce à l’emploi du soc de charrue, est une de celles qui entrèrent le plus profondément dans la vie des nations et les poussèrent le plus avant vers des voies nouvelles. Ainsi la forme de labourage, devenue en ces temps modernes le symbole de l’esprit conservateur par excellence, fut, à une certaine époque, un événement révolutionnaire. En outre, ce changement dans les

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