CASES MAZDÉEMSES D’EXPOSITION DES CORPS
D’après une photographie de J. de Morgan (Mission archéologique en Perse).
On comprend que nos ancêtres, pleins d’un enthousiasme naïf pour les victoires qu’ils venaient de remporter sur le destin, aient évoqué de leur cerveau une religion nouvelle, celle de l’agriculture, avec ses fêtes du Labour, des Semailles et de la Moisson. « Quelle est la bonric obéissance à la vraie foi ? » dit un passage de l’Avesta. « C’est la vigoureuse culture du blé », répond Ormuzd. « Quand le blé pousse, les démons ont peur; quand on le scie, ils hurlent d’épouvante; quand on le moud, ils disparaissent. »
Le culte primitif du Feu, du Labour, de la Charrue, des Bœufs domestiques et du Pain vivifiant naquit du sentiment de la reconnais-
RELIGION MAZDÉENNE
sance en même temps que d’un émerveillement bien justifié, et cette vénération première ne dut contribuer en aucune façon à l’abaissement intellectuel de l’individu : dans les pratiques de ces religions, rien ne pouvait dégrader le fidèle. La corruption et l’abêtissement ne se firent sentir qu’avec l’observation forcée des rites et la sotte répétition des formules ; le culte ne devint cause de régression mentale qu’au moment où il tomba sous la direction des prêtres conservateurs , qui .
pour la peine, ne manquèrent pas de se faire octroyer la dîme, la quinte ou la tierce des biens.
A ces croyances des Iraniens primitifs que l’on découvre d’une façon très nette dans l’Avesta et dans les autres livres liturgiques de la Perse se mêlèrent naturellement toutes les religions du naturisme et de l’animisme Admiration du ciel et des nuages, vénération de l’eau vivifiante qui jaillit du rocher et qui tarirait bientôt au soleil si on ne la cachait en des canaux souterrains, peur des génies mauvais qui naissent des émotions irraisonnées de l’homme, tous ces sentiments faisaient partie de la religion iranienne avant que fût formulé le mazdéisme, adoration du « très Haut », du « très Sage », qui prit une si grande importance en Iranie et dans l’histoire de la pensée humaine et qui, englobant toutes les formes religieuses précédentes, y ajouta la notion de l’antagonisme absolu entre le Bien et le Mal.
MENDIANT VOYAGEUR (PCTSe)
Dessin de G. Roux, d’après une photographie.
L HOMME ET LA l ERUE
Il importe peu que le fondateur, un Zaratvastra, Zarathustra, Zadutch ou Zoroastre quelconque, ait un personnage réel, né dans la Bactriane, à Rhagae ou dans l’Atropaiene, ou bien un type légendaire, créé postérieurement. Était-il, d’après une étymologie plausible, mais incertaine, « le bon laboureur à quel titre le considérait-on comme le premier prêtre, le premier guerrier, le premier cultivateur, c’est-à-dire, comme le représentant de toutes les classes victorieuses et soumises? nous ne savons" il suffit que son nom symbolise la religion essentiellement dualiste de l’Iran.
Si les religions primitives du Feu, du Labour, de la Nature, des Génies, ne sont pas nécessairement liées, dans les phénomènes de leur naissance et de leur développement, à des conditions géographiques spéciales, il n’en est pas de même du mazdéisme tel que le proclama Zoroastre. Ce culte doit certainement, en grande partie, son caractère si net à la nature de l’Iran.
Sans doute, la conscience d’un combat éternel de deux forces n’a rien de spécial à la Perse, et chaque nation, chaque individu le retrouve en soi. Nous voyons sans cesse, en nous et autour de nous, le rythme de toutes choses et de leurs contraires : lumière et ténèbres, santé et maladie, joie et tristesse, rires et larmes, amour et haine, vie et mort. De même, l’homme se dédouble volontiers en esprit et matière, quoique l’unité de sa nature lui soit, par sa vie même, démontrée d’une manière évidente. On parle aussi des sexes comme s’ils étaient des principes opposés. Enfin, au point de vue politique et moral, toutes les sociétés se décomposent en partis et en çof, en amis et ennemis, en citoyens et étrangers, en Grecs et Barbares, même en Fils du Ciel et Diables de l’Enfer
Mais la Perse nous présente, en dehors de l’individu, cette lutte des deux principes sous des formes matérielles qui devaient la remémorer sans cesse aux fidèles. D’abord le grand fait géographique du contraste précis entre le haut plateau et les plaines basses ; steppes turkmènes d’un côté et campagnes de la Mésopotamie de l’autre, contraste que devaient accentuer davantage les mœurs hostiles des nations en contact, ici les Iraniens, là les Touraniens. Enfin, sur
I. D’après A. V. Williams Jackson — Zoroaster, ihe Prophet of Ancient Iran — Zar-uchlra signifie « le chameau sauvage n, mots qu’il serait difficile d’expliquer symboliquement .
RELIGION MAZDÉENNE
le plateau même se produit l’opposition brusque entre les jardins des cités et les sables ou les salines. En mainte partie de l’Iran, chaque ville s’entoure d’une zone ondoyante qu’elle doit protéger par une muraille de pierre pour arrêter les dunes. Telles sont les conditions que symbolisent les personnages épiques de Rustem l’Iranien et
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d’Afrasiab le Touranien, de Féridun, le roi très bon, et de Zohak le tyran, dont les épaules se redressent en serpents avides de cervelles humaines.
Et, dans le mythe religieux, le contraste se continue par la création des jumeaux divins nés dans la même matrice, égaux en puissance, et tous les deux servis par d’innombrables armées de génies. L’un de ces dieux est Ahura Mazda ou Ormuzd, c’est-à-dire le Seigneur très s ge
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le Mazda par excellence; l’autre est Angro-Maïnu, Ahriman, c’est-àdire l’Esprit de Compression, d’Asservissement, le Méchant. C’est entre les deux que se débat incessamment le sort du monde : nous ne sommes tous qu’un enjeu entre ces prodigieux lutteurs. Cependant l’homme n’a point à s’abandonner complètement dans ce conflit que les divinités d’en haut se livrent au-dessus de sa tête : s’il porte constamment sa force du côté du bien, c’est lui qui, après sept mille siècles d’attente, fera triompher Ormuzd, et de la manière la plus noble, par la conversion d’Ahriman, devenu lui aussi V4 dieu de justice et d’amour universel.
Telle fut la religion, très haute par certains côtés, que les Perses
enseignèrent aux nations des plaines environnantes dès l’époque des Akhéménides \ mais qui se dénatura bientôt par suite de croisements avec les di- A^ers cultes locaux et de la transformation que lui firent subir ses prêtres intéressés au profit et au pouvoir Le foyer principal de la religion mazdéenne fut toujours l’Atropatène, « le Pays du Grand Prêtre », où résidait ce puissant chef des mages respecté comme un égal par les souverains de l’Iran. Ces pontifes nous ont légué toute une série de belles monnaies d’argent représentant le grand prêtre adorant le Feu avec son étendard légendaire de Kaoueh, le forgeron. Prétendant interpréter la volonté suprême, ils exercèrent sans doute une profonde influence; mais le culte domestique qui faisait du chef de famille le véritable prêtre se maintint au moins jusqu’à l’époque des Sassanides^.
On ne doute point que l’Avesta, tel que nous le possédons actuelle-
LA. COLLINE DES RUINES DU PALAIS d’eCBATANE
D’après une photographie de J. de Morgan (Mission archéologique en Perse).
I. De Gobineau. Histoire des Perses, passim. — 2. Id., tome I, p. lob.
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mont, n’ait été refondu par les mages dans le pays des Mèdes au ni® siècle
AHAMADAN
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N“ 68. Ecbatane et l’Elvend.
(Voir l'ases 416 et suiv.l