de Takht-i-Chirin. 4. — — Ecbatane
par sa majesté ; cependant les sièges ordinaires de l’empire furent Ecbatane, comme résidence d’été et, comme résidence d’hiver, une Suse nouvelle, reconstruite sur les ruines de l’ancienne. Ces deux villes
l’homme et la terr^
possédaient l’avantage de se trouver non loin des points d’attaque du monde occidental que les Iraniens avaient à combattre. De ces lieux i’avant-poste , les rois des rois, prêts à diriger leurs armes sur l’un DU l’autre des points menacés, surveillaient les peuples de la Mésopotamie et les riverains de la Méditerranée, de l’Égypte au Pont-Euxin. C’est comme en avertissement aux nations de l’Occident que Darius, Bis d’Hystaspès, avait fait graver entre Ecbatane et le passage du Zagros, sur la paroi d’un rocher de calcaire compact, les magnifiques inscriptions trilingues, — perse, anzanite, assyrienne, — de Behistun, Bisutun ou Bagistana, « le séjour des dieux ». « C’est moi qui suis Darius, le Grand Roi, le Roi des Rois, le Roi de Perse, le Roi des Provinces, le fils d’Hystaspès, le petit-fils d’Arsamès, l’Akhéménide...», ainsi commence l’orgueiUeux récit.
A l’époque où Darius célébrait ainsi sa propre gloire, en ces termes emphatiques, qui sont si souvent la preuve certaine de la décadence morale et bientôt de la décadence matérielle des nations, presque tous les pays civilisés de l’Asie occidentale se trouvaient juxtaposés dans l’unité de son vaste empire.
La conquête accomplie par les Mèdes et les Perses n’était pas aussi oppressive dans son essence que le sont aujourd’hui les annexions « patriotiques » imposant aux vaincus un changement de langage et de culture; chaque peuple gardait ses lois, ses mœurs, même son administration indigène, sous la suzeraineté du grand roi : les sujets n’étaient astreints qu’aux impôts et au service militaire. Le maître, dominant une multitude de nations, petites et grandes, se plaisait à cette diversité des races et des langues dans la foule des asservis, et n’avait aucune idée de la constitution possible d’un état politique dont tous les membres n’eussent formé qu’un seul organisme national et n’auradent eu qu’une seule façon de penser : il lui suffisait d’être le dominateur sans conteste, de mander sa volonté absolue à tout un monde de satrapes dociles et de la faire exécuter par des millions de soldats dressés à coups de lanière. A l’égard des princes féodaux de la Perse, le « roi des rois » n’était guère que le « premier parmi ses pairs », mais pour les vaincus de l’étranger, il était un maître absolu. Évidemment, l’effet de cette double forme de commandement devait se développer au profit du pouvoir autocratique; cependant, les historiens grecs, sans essayer de comprendre la mentalité des rois perses.
EMPIRE DES PERSES
sont obligés de constalei que, différents des Assyriens, ' ils épargnaient d’ordinaire les ennemis vaincus et ne se croyaient même pas en droit de traiter rudement les esclaves'. Cyrus, et après lui Darius, se gardèrent bien d’exterminer les nations conquises ; ils avaient gardé, des anciens Perses, le respect de la vie humaine.
Parmi des peuples que le « Grand Roi » cite comme asservis et lui payant tribut, il a l’impudence de nommer Sparte et l’ionie, c’est-à-dire Athènes : il a perdu toute mémoire de Marathon .
Alors, comme de nos jours, l’histoire racontée au point de vue patriotique ignore volontiers les défaites et les remplace, dans les documents officiels, par des victoires douteuses. D’ailleurs, le souverain , entouré de courtisans, pouvait vraiment s’imaginer que des batailles livrées à une extrémité si lointaine de