‹ L'homme et la terreChapitre 212 sur 279 · I. De Gobineau, Histoire des Herses, tome I, p. 4o · texte numérisé non relu

I. De Gobineau, Histoire des Herses, tome I, p. 4o

conformément à sa gloire, et certes, il ne se doutait guère du sens profond que la postérité attacherait un jour à ses conflits avec le petit peuple grec. Il faut aussi l’avouer, quoique les victoires de Miltiade et de Thémistocle nous emplissent d’orgueil et symbolisent à nos yeux le travail de la pensée libre, de l’initiative personnelle, cependant c’est aux Perses, par le bras même d’Alexandre, que finalement resta la victoire.

Mais bien avant les batailles décisives qui réglèrent la situation entre les Hellènes et les Iraniens, d’incessants contacts et des relations commerciales très actives avaient mis les deux civilisations en relations d’échange. Cette évolution s’était accomplie d’abord par l’intermédiaire des peuples de l’Asie Mineure, les uns apparentés aux Grecs, les autres plus ou moins grécisés ; puis des aventuriers de l’Attique et des îles du Péloponèse, ancêtres des chercheurs de fortune qui émigrent aujourd’hui en si grand nombre, étaient venus à leur tour, enseignant leurs arts et leurs métiers.

On voit une preuve incontestable de l’influence grecque dans les ruines de Persepolis qui portent le nom collectif de « trône de Djemchid », personnage légendaire assimilé par les Perses à Darius, fils d’Hystaspès. Il est évident que ces prodigieuses constructions, érigées à l’époque où les Akhéménides vainqueurs déversaient leurs armées victorieuses sur toutes les contrées adjacentes, sont en très grande partie des œuvres d’imitation. Les souverains de la Perse, étonnés par les gigantesques bâtisses qu’ils avaient assiégées et conquises dans leurs voyages, avaient voulu dresser dans leur pays des palais aussi beaux que ceux de l’étranger. Très certainement ils avaient ramené avec eux d’habiles artisans de l’Égypte, de la Phénicie, de l’Asie antérieure, de l’Europe hellénique. Des lettres grecques se voient sur les pierres numérotées, et Pline parle d’un certain Téléphane, de Phocée, comme d’un grand artiste ayant vécu à la cour de Darius.

Les historiens spécialistes '■ ont pris la tâche de déterminer la part des divers éléments qui s’unirent dans la grandiose architecture de Persepolis; et, grâce à eux, on a fini par reconnaître que les bâtisseurs persans ne furent pas uniquement des

1 Coste et Flandin, Perrot et Chipiez, Üienh>foy.

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