Collines dTstaker
extraordinaire; ce sont aussi les colonnes dix ou douze fois plus hautes que larges, avec leurs lourds chapiteaux composés de deux avant- trains d’animaux accroupis, taureaux, chèvres ou licornes. La lumière du soleil, coupée d’ombres noires, pénétrait par le large orifice du toit entre les poutres en bois de cèdre, éclairant le trône d’or et d’ivoire, les carreaux en briques émaillées et les rideaux de pourpre frangés d’or. L’ensemble offrait certainement un caractère spécial qui
ne se retrouve point en dehors du plateau de l’Iran et ne présente avec le style des constructions hellènes, qu’une vague parenté : le principal contraste provient de ce que l’architecture grecque naquit partout du sol, de par l’initiative locale, tandis que, sur les hautes terres de riranie, elle se développa surtout pour satisfeire à la majesté royale et • ne se continua pas en œuvres vives dans l’art national de la Perse.
Les architectes iraniens imitèrent aussi ceux de l’Assyrie et de la Chaldée, mais avec une grande indépendance de conception et une véritable originalité. Qu’on en juge par leurs taureaux ailés placés à la porte des édifices : ils sont à la fois plus grands et sculptés avec plus d’élégance et de fini que les taureaux des palais assyriens; en ouke, les artistes persans n’ont pas recours à l’artifice bizarre de leurs prédécesseurs ninivites, qui, pour obéir à un sentiment grossier de la perspective, donnaient cinq jambes à leurs animaux monstrueux.
Les tombes royales sont, de tous les monuments de l’architecture persane, ceux où se décèlent le moins d’emprunts aux modèles étrangers. Il est probable que, dans ces œuvres, le style d’anciens troglodytes iraniens fut partiellement respecté : les habitations souterraines des morts devaient ressembler à celles des vivants. Le plan général deces hypogées est toujours le même : au-dessus de l’ouverture qui donne accès dans la salle funéraire se déroule une procession de statues portant le pavois sur lequel le roi défunt adore le feu sacré, flambant sur un autel. La figure la plus haute, planant dans la partie supérieure du cadre de rocher poli, est le ferouer ailé, symbolisant peut-être le meilleur « moi » du suppliant, qui déjà monte vers le ciel, portant à Ormuzd les actes ou du moins les bonnes intentions de celui qui vécut.
A l’influence de l’hellénisme sur les Iraniens répliquait celle de la monarchie des Akhéménides sur les petites républiques de la Grèce. Les récits des marchands, les descriptions rapportées par les artisans et les artistes , la magnificence des ambassadeurs et de leur suite étaient de nature à faire très grande impression sur la vive imagination des Hellènes, et les partis en lutte dans chacune des petites communautés devaient, par la force des choses, garder les yeux fixés sur le colosse qui projetait son ombre vers l’Occident. Les uns,