‹ L'homme et la terreChapitre 216 sur 279 · I. Cyropédie, livre 1, chap · texte numérisé non relu

I. Cyropédie, livre 1, chap

l’homme et la terre

Ainsi l’union se préparait : les Perses se faisaient Grecs, et ceux-ci devenaient Perses. Quand Alexandre, vengeur des guerres médiques, fut porté en plein cœur de l’Asie avec le reflux des Grecs et des Macédoniens, il ne s’annonça nullement comme un civilisateur hellénique désireux d’élever les Barbares : il ne chercha qu’à se faire Perse lui-même, à se substituer à Darius comme « roi d’Asie », à prendre pour limites exactes de son empire celles mêmes qu’avaient eues les domaines du souverain dont il épousa la fille. De ses capitales, l’une, Suse, était spécialement persane, tandis que l’autre, Babylone, avait l’avantage de commander naturellement au monde oriental, comme centre des grandes voies de communication de toute l’Asie antérieure Chose curieuse, la mémoire d’Alexandre « aux deux cornes » est autrement populaire parmi les peuples de l’Asie que dans le monde grec : il fut pris réellement pour ce qu’il désirait être, un conquérant asiatique. Cependant son avènement indique bien un point de partage entre deux ères : désormais le pays des Hellènes et l’Iranie appartenaient à un même monde œcuménique ; ces contrées, constituant jadis des domaines entièrement distincts, devenaient solidaires dans leurs mouvements ; l’humanité consciente s’était doublée.

Les légendes voyagent avec les peuples, de montagne en montagne.

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