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LÉGENDES DU CAUCASE, RELIEF

mais un seuil sous-marin se prolonge de l’ouest à l’est entre deux cuvettes profondes de la mer intérieure et va rejoindre sur le rivage transcaspien la chaîne bordière que l’on désigne parfois sous le nom

N° 73. Relief du Caucase et des monts d’Arménie.

Courbes de niveau de 0.100,200.500.1000.

2000.3000.4000 et 5000 mètres.

0 200 400 600 kil.

de « Caucase des Turkmènes «, et qui, sous diverses appellations vulgaires, limite au nord-est le plateau d’Iran par ses chaînons parallèles pour aller se fondre dans les hauts remparts de

l’Hindu-Kuch.

Les deux versants du Caucase, au nord et au sud, contrastent abso-

l’homme et la terre

lument. Vers le septentrion, les montagnes s’abaissent par degrés, soit par des massifs latéraux, soit par des « petits Caucases » ou arêtes secondaires alignées parallèlement à la grande chaîne, suivant un ordre décroissant d’altitude. Mais dans l’ensemble, la pente est rapide, puisque les cavaliers, galopant dans la poussière de la steppe, aperçoivent en plein ciel, au-dessus des forêts sombres, au-dessus des glaces étincelantes, les sommets vaporeux les plus élevés. La plaine basse borde partout le pied des monts, semblable à une mer qui bat la racine des falaises. D’ailleurs cette étendue presque horizontale fut en effet une mer à une époque géologique peu éloignée de nous : en cette dépression des terres, s’unirent les golfes avancés de la mer Noire et de la Caspienne, et il en reste même cette admirable coulée du Manîtch à double versant qui est incontestablement, au point de vue de la géographie physique, la fosse divisant l’Europe et l’Asie.

La face du Caucase qui regarde le soleil ne domine que des plaines fluviales limitées par des monts visibles de la grande crête et se rattache à d’autres systèmes de montagnes et de plateaux. Un haut chaînon transversal ayant encore près d’un millier de mètres, au seuil le plus has, sous- franchi par le chemin de fer de Tiflis à Batum, réunit les massifs les plus élevés du Caucase à l’ensemhle des monts que l’on a quelquefois désignés sous le nom d’Anti-Caucase. Au sud des vallées de la Kura et du Rion, tout l’espace compi'is entre les deux mers est occupé par des hauteurs qui dépassent en maints endroits la zone où peut séjourner l’homme. Quelques très hauts sommets, cônes d’anciens volcans, l’Alagôz, l’Ararat, le Bingoldagh, commandent la région de leurs pointes neigeuses. De distance en distance se dressent les cimes sujierbes d’où l’on voit le chaos apparent des chaînes qui se profilent, d’un côté vers le plateau d’Iran, de l’autre côté vers le grand quadrilatère de l’Asie Mineure et la côte de la Syrie.

Ce contraste physique entre les deux versants caucasiens se réper-

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