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CONTRASTE DES DEUX VERSANTS

cute dans l’histoire des nations. Évidemment les hommes de la steppe, cheminant librement devant eux sans autre obstacle que des monticules de sable mouvant, des salines basses, des marais sans profondeur.

VILLAGE OSSÊTE (Voir page 466)

Dessin de G. Roux* d’après une photographie*

doivent avoir d’autres mœurs, une autre évolution politique et sociale que les montagnards entourés de tous les côtés par des vallées profondes dont les habitants communiquent difficilement avec d’autres patries D’un côté, la population aura des tendances à la vie instable et

nomade; elle fera son apparition, puis, refoulée par d’autres initiateurs, elle quittera le pays sans laisser de traces. De l’autre côté, les peuples cantonnés en leur massif de montagnes ou parqués en leur bassin de culture, bien limités, se composeront de bergers et d’agriculteurs’ résidants ayant un genre de vie stable, des institutions permanentes, des rapports déterminés avec les nations limitrophes. L’histoire les embrasse volontiers dans ses descriptions et ses récits, tandis qu’elle reste longtemps ignorante des hordes fugitives et lointaines qui s’agitaient au delà du Caucase.

Aux origines de l’humanité consciente, les monts d’entre Caspienne etPont-Euxin présentent donc deux faces à caractère bien distinct, le côté de la civilisation relative, celui de la barbarie; la lumière au midi, et l’ombre sur le versant du nord. Cependant des échanges pouvaient avoir lieu de l’une à l’autre région, mais plus encore par une voie détournée que directement par les passes des montagnes. On a constaté, durant le cours des siècles, que les mouvements de migrations et de conquêtes se sont faits très fréquemment de l’Asie antérieure et des plaines Sarmates — la Russie méridionale — en se propageant à l’ouest, par la Thrace européenne, le long des rives de la mer Noire. Jadis les Kimmériens et les Scythes, de même que les Turcs à une époque plus récente, firent ainsi le grand circuit en suivant les côtes, conformément à la « loi du moindre effort ».

Pourtant, si âpre d’accès, si difficile à l’escalade que soit le multiple rempart du Caucase, placé obliquement entre les deux mers, sur une longueur d’un millier de kilomètres et séparant l’une de l’autre des contrées fort différentes par la nature du sol et le climat, des peuples en fuite ou dans l’élan victorieux des expéditions guerrières vinrent fréquemment se heurter contre ces monts et tentèrent de les franchir. C’est en des occasions tout exceptionnelles, lors des grands ébranlements nationaux, qu’aux échancrures favorables dans les hautes arêtes, des bandes armées cherchèrent à forcer un passage ou que se produisit un mouvement de mig^ration lente.

La première de ces portes naturelles s’ouvre vers le milieu de l’isthme, mesuré de l’est à l’ouest au lieu le plus étroit, où l’on compte environ 5oo kilomètres de mer à mer. Des deux côtés, de la Cis-Caucasie à la Trans-Caucasie, on s’élève vers le point faible de la chaîne par une large vallée, au nord celle du Terek, au sud celle de la

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