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CIVILISATION ARMÉNIENNE

LE LAC ET LA CITADELLE DE VAN (Voir page 48Î2).

Dessin de G. Bous, d’après une photographie.

gneuse qui s’étend du lac de Van au lac d’Urmiah, c’est-à-dire du pays d’Urartu — identique à l’Ararat des Hébreux — que par les annales assyriennes, car l’art de l’écriture, enseigné par les scribes ninivites, mais appliqué à un idiome sans rapport avec l’assyrien, ne pénétra dans cette contrée qu’à l’époque d’Assurnazirpal. Pendant une période d’au moins sept cents années, commençant trente-quatre siècles avant l’époque actuelle, l’influence des Assyriens fut prépondérante en Urartu, et même, sous le roi Sargon, la domination exercée directement par les conquérants du sud paraît avoir été acceptée sans aucune tentative de résistance. Elle fut, à vrai dire, plus d’une fois violemment troublée par des invasions kimmériennes et scytbes; le

l’homme et la terre

nom de ce dernier peuple se retrouve même dans celui de Sacasène, province du Haut Ai’axe, cité par Strabon. Quelques documents signalent aussi des guerres entre les princes de Van et les Hétéens, établis dans la Syrie du nord^

Sur le territoire d’Arménie appartenant actuellement à l’empire russe, Nikolski et d’autres archéologues ont, jusqu’en l’année i8g5,

SCYTHES ARMÉS DE LANCES, d’aPRÈS LE VASE DE KUL-BOA

{Musée de VEermitage, à St-Pélersboupg.)

découvert vingt-trois grandes inscriptions cunéiformes, et l’on en connaît en tout une centaine dans l’ensemble du pays arménien qui se prolonge au sud et à l’est, jusque dans l’Azerbeïdjan ; il est vrai que tontes ne sont pas encore déchiffrées, quelques modifications des signes assyriens rendant la lecture de ces documents pétrographiques assez dilFicile. De tous ces monuments écrits, le plus remarquable est celui recouvrant de ses cinq cents lignes une des parois du piédestal de rochers qui porte la citadelle de Van, ntlribuce par la légende à la fabuleuse Sémiramis : il raconte les hauts faits d’un roi Argichtis l" qui, pendant une éclipse de la puissance assyrienne précédant le règne de Tiglatphalazar 11 (Tugultipalesharra), poussa ses conquêtes jusqu’à la Méditerranée syrienne. L’ordre géographique dans lequel se succèdent ces inscriptions montre quelle était la direction des

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