CHAPITRE III
CIRQUE POTAIWIEN — VOIES HISTORIQUES — CIVILISATION TOURANIENNE ARRIVÉE DES SÉMITES — PARADIS TERRESTRE, MONTS SACRÉS NAVIGATION, LÉGENDE DU DÉLUGE — CAÏN ET ABEL — AGRICULTURE, INDUSTRIE, CONSTRUCTIONS, ASTRONOMIE, ÉCRITURE VILLES ET EMPIRES CHALDÉENS ET ASSYRIENS.
Au sud des brusques escarpemenls du haut pays d’Arménie, les traits géographiques du tenitoire dans lequel se déroulent les courants du Tigre et de l’Euphrate déterminèrent le cours de son histoire. A la vue du cirque immense entouré de monts en gradins et percé de larges portes par lesquelles les immigrants ont pu arriver en foule, on compie k1 qu’en cette arène ont dû s’accomplir de grandes choses. D’ahord
c’est là que vient aboutir/par l’un ou l’autre chemin de la Perse, cette voie majeure des nations qui longe la base du diaphragme asiatique pour se bifurquer sur le plateau d’Iran, d’un côté vers l’Azerbeïdjan, de l’autre vers Hamadan et le pied de l’Elvend. Le premier passage permet de descendre à travers le pays des Kurdes pour gagner la plaine au confluent du grand Zab et du Tigre ; le deuvième, de beaucoup le plus fameux dans l’histoire, passant par Bisutun et le col du Zagros, atteint le cœur même de la Mésopotamie dans sa partie la plus fertile et la plus populeuse. Puis, au sud, s’ouvrent d’autres portes, celles qui descendent de la Perse proprement dite vers la Kerkha, le Karun et le district où les fleuves jumeaux s’unissent en un même cornant.
Au nord-ouest du cirque, deux voies majeures, suivies par les nations, font communiquer la Mésopotamie avec l’Asie Mineure et, médiatement, avec tout le monde européen. Franchissant le seuil des montagnes bordières, l’une aboutit à la grande plaine, jadis lacustre, où le Tokma-su vient rejoindre l’Euphrate; c’est la principale étape médiane entre Bagdad et Constantinople ; l’autre est la route qui, traversant l’Euphrate à son coude le plus occidental, pointe dans la direction de la brèche du Taurus connue spécialement du nom de U Porte Cilicienne ».
Eiifin, les hauteurs du littoral méditerranéen, sur toute la côte de Palestine et de Syrie, qui d’ailleurs ne présentent nulle part de saillies infranchissables, sont coupées de distance en distance par des cols ouverts sur des escales rattachant tout le rivage de la mer au bassin des fleuves jumeaux, le Tigre et l’Euphrate. Ainsi, le grand amphitéàtre d’entre Liban, Taurus et Zagros pouvait être visité facilement, et le fut en effet, par des gens de tout climat, de toute race, de toute langue, de toute civilisation. Une seule mer, la longue manche dans laquelle se déverse les deux fleuves réunis, haigne directement les plages du cirque de Mésopotamie, mais à distance d’autres mers avoisinent cette région, apportant aiissi leur tribut de marchandises. de voyageurs et d’idées. A ce point de vue, nous avons déjà constaté que l’Asie antérieure, à l’ouest de la Perse, occupe une position géographique sans égale.
Cependant la plaine euphratique se divise en deux parties bien distinctes, l’une qui fut vivante et bien vivante, la Mésopotamie proprement dite, et l’autre que l’on peut qualifier de morte, parce qu’elle est
CIRQUE POTAMIEN
occupée par des laves, des rochers et des sables arides; elle ne donne asile qu’à des Bédouins nomades se déplaçant rapidement d’un lieu à
N* 80. Cirque potamien.
HjC, ' k •
SÜSi
750 Kil.
1, Col du Zagros.