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FROIDURE ET CHALEUR

qu’à 5 mètres de hauteur S des familles d'Eskimaux vivent au nord jusqu’au campement d’Etah (Ita), à 1 3oo kilomètres du pôle, et le voyageur Peary s’est fait accompagner par elles beaucoup plus au nord, dans ses expéditions de découverte; au sud, les représentants du genre humain sont arrêtés par la mer à une distance beaucoup moindre de l’équateur, dans la Terre de Feu, à 3 800 kilomètres du pôle antarctique.

ESKIMAU DANS SON KAÏAR

Olusée (l'Ethnographie)

N’est-il pas évident, des deux côtés du globe, que si les îles polaires sont évitées par l’homme, la cause en est aux froidures et pourrait-on contester ici les influences décisives du milieu ? Avant que l’Homme, émancipé dans une certaine mesure par la science, eût associé ses efforts pour se libérer quelque peu de la domination du climat, aucun de ses représentants n’aurait su pénétrer par-delà les petites enclaves des Eskimaux en ces régions terribles du froid polaire, mieux défendues que ne l’était l’ancien paradis chaldéen. La théorie d’après laquelle l’Homme, disposant d’une force innée, serait complètement indépendant de son milieu, est en absolu désaccord avec les faits observés, et

I. Hermann G. Sinimons, Eludes botaniques de l’expédition Sverdrup, La Géographie, là février 1904.

l’homme et la terre

personne n’a plus le droit de répéter les paroles de Gobineau : « 11 suffirait que le groupe blanc le plus pur, le plus intelligent et le plus fort résidât, par un concours de circonstances invincibles, au fond des glaces polaires ou sous les rayons de l’équateur, pour que toutes les idées, toutes les tendances, tous les efforts y convergeassent' ». L’expérience a donné le démenti à ces assertions hardies, et l’on a vu récemment, dans les régions polaires, des expéditions composées de voyageurs appartenant à la race que Gobineau exalte par dessus toutes, se livrer au cannibalisme, même hâter la mort de faméliques. Les enquêtes officielles ont eu raison de glisser légèrement sur ces incidents lugubres.

Les Eskimaux ou Innuit, c'est-à-dire les « Hommes » de l’Amérique du Nord, de même que les Lapons de l’Europe, les Samoyèdes et les Tcbuktchî de l’Asie, portent dans toute leur personne et leur genre de vie le témoignage évident de faction dominante du froid. D’abord, ils sont très peu nombreux, ce qui provient de la pauvreté des ressources que leur offre la terre arctique, recouverte de glaces sur la plus grande partie de son étendue. Sur un espace d’environ 7 000 kilomètres de l’est à l’ouest, de la côte orientale du Groenland au territoire des Tcbuktchî, dans la Sibérie, — région d’environ vingt millions de kilomètres carrés, égale à quarante lois la France, — il y a moins de cinquante mille Eskimaux de race pure ou croisée, et, parmi eux, les indigènes qui, restés complètement à l’écart du monde européen, ont conservé la pureté de leur sang, ne dépassent certainement pas le nombre de quinze mille : le pays des Eskimaux est, en proportion, de quatre à cinq mille fois moins peuplé que le reste de la Terre.

Si parsemés sont ces hyperboréens qu’en maints endroits les groupes s’étaient complètement perdus de vue, ignorant l’existence les uns des autres. Telle était naguère la bande la plus septentrionale des Groenlandais, composée d’une vingtaine d’individus errant dans les solitudes glacées du nord, entre le détroit de Smyth etHa mer Paléocrystique.-Eu 1818, lorsque Ross les rencontra sur la plage d’Etah, au nord de la baie de Melville, ces gens furent stupéfaits de voir d’autres hommes et les crurent descendus de da lune ou montés des abîmes : ils s’étalent imaginés constituer à eux seuls l’hinîianité tout entière.

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