I. Inégalité des Races
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Mais ces étendues mornes, où les Eskimaux campent au milieu des glaces, ne leur fournissent que bien avarement les ressources néces-
N® 7. Densité de la population arctique. -,
ÉCHELLE méridienne E 80 000000
0 1000 2000 3oookil.
Canevas polaire étinidistant.
Moins de / habitant De ! à 25 habitants De 25 à 50 Hu-dessusde50 "
ar kHom. carré et points habités-
saires à l’existence. 11 n'est donc guère probable que ces tribus aient eu pour lieu de naissance les contrées de la grande froidure, habitées
l’homme et la terre
aujourd’hui par elles, à moins que le climat local se soit refroidi peu à peu, obligeant les aborigènes à se modifier sans cesse, à changer leur genre de vie pour s’accommoder à la nature ambiante. On présume que les habitants du Grand Nord ont été graduellement refoulés de régions plus tempérées vers les rivages de l’océan Polaire et nombre d’archéologues voient en eux des Magdaléniens suivant le retrait des glaces dans la direction du nord. Dans leurs voyages, les Eskimaux furent évidemment guidés par les facilités de la chasse et de la pêche : ils ont accompagné les bœufs musqués, les baleines, les morses et les phoques. Là où manciuaient ces animaux, là aussi manque tout vestige d’habitations innuit, notamment dans l’archipel polaire du nord-ouest'.
Lorsque l’histoire mentionne les Eskimaux pour la première fois, plusieurs de leurs peuplades occupaient encore des contrées d’un climat moins âpre. Il y a neuf siècles, quand les Normands débarquèrent, bien au sud du pays des Innuit actuels, sur les côtes du Helluland et du Vinland, les hommes qu’ils eurent à combattre n’étaient point des Algonquins, chasseurs à peau rouge, mais des Skrællinger, c’està-dire des Karalit, purs Eskimaux, apparentés à ceux de l’archipel polaire.
De nos jours, la limite est presque partout assez bien marquée entre les deux races et correspond avec les traits de la nature ; « Là où sont les arbres , là est l’Indien ; là où commence la mousse , là commence l’Eskimau », dit le proverbe. Dans l’Amérique orientale, des guerres d’extermination ont donné à cette frontière naturelle la conséci’ation du sang versé. « La terre est trop petite pour porter les deux races », disait un Innuit au voyageur Boas N’est-ce pas là le langage que l’on se répète entre ennemis de race et de classe, d’un bout du monde à l’autre?
L’action du milieu se montre avec évidence jusque dans l’apparence physique des Innuit purs, car elle est plus difficile à constater chez les Groenlandais du sud, qui sont presque tous métissés de Danois et soumit à des institutions religieuses et politiques d’origine étrangère. Les vrais Innuit ont la tête allongée, mais sans fortes saillies; leurs oreilles sont collées sur la tête, sous une chevelure épaisse et grasse; leurs nez, larges et de faible relief, ne dépassent guère la
I. Gunnar Isachsen, Pelermann’s Milleilungen, VII, igoS. — 2. Peterinann’s Ergànzungshe/l, n“ 80.
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