‹ L'homme et la terreChapitre 268 sur 279 · CACHET CYLINDRIQUE · texte numérisé non relu

CACHET CYLINDRIQUE

gouvernement de la terre. . . depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher, du golfe Persique à la mer supérieure, dans laquelle le globe de feu descend pour son repos. « En pleine mer, l’île de Cypre était devenue province de cet immense empire où Lugal avait « puissance sur toutes choses pour faire vivre tous les peuples en paix • . »

De la plaine méridionale où s’élevaient, voisines les unes des autres, les puissantes citées de Nipper, Ur, Erekh, Eridu, Sippar, ayant chacune son dieu ou sa déesse^ qui, à l’instar des rois, prétendait demeurer indépendant de tous les dieux voisins, le centre de culture remonta peu à peu vers le noi'd et trouva son point le plus stable à

1. N ational Society of Geography, 1897, p. 172. — 2. P. Jensen, Assyrisch-Babylonische Mythen und Epen, p. 290. — A. Loisy, Les Mythes babyloniens, p. 3.

l’endroit où les deux fleuves, Tigre et Euphrate, rapprochent leurs cours et entremêlent leurs canaux. C’est là que se dressa Babel qui, de toutes les grandes cités du monde, garda le plus longtemps la domination politique sur de vastes empires. Cependant, durant les nombreuses générations qui se succédèrent sous le pouvoir des souverains de Babylone, la puissante métropole eut certainement à subir de grandes vicissitudes par suite des guerres et des révoltes, puisque vers l’époque où naquit l’empire d’Assur, il y a plus de trente-six siècles, le plus fier monument de Babel, la fameuse tour à étages de Borsippa, désignée par la tradition sous le nom de « Tour des Langues », n’était déjà plus qu’une ruine. C’est ainsi que s’exprime à cet égard un hymne en langue akkadienne, traduit par Lenormant : « Le temple des Sept Lumières a été construit par le roi le plus antique, mais il n’en avait pas élevé le faîte... Les pluies et les tempêtes avaient fait éclater la construction en adobes, les revêtements en briques s’étaient fendus, les massifs s’étaient écroulés en collines ». Encore plus détériorée était la pyramide fameuse, lorsque Nabuchodonosor entreprit la restauration de la tour, destinée à s’effondrer de nouveau, tout en restant un témoin prodigieux des civilisations antiques.

Même en cessant d’être capitale de la région des fleuves, Babylone continua pendant des siècles de garder la suprématie virtuelle comme ville par excellence de l’industrie et du commerce. Lorsque le centre de la puissance militaire se déplaça vers le nord pour se fixer au confluent du Tigre et du grand Zab, la cité centrale de la Mésopotamie n’en exerça pas moins sa puissance de fascination sur les peuples et les rois ; maint souverain d’Assur vint y établir le siège de l’empire, et souvent des révoltes, les unes réprimées, les autres victorieuses, s’appuyèrent sur la ville forte qu’avait fondée Nemrod, le demi-dieu légendaire. Quand l’armée de Gyrus, après avoir détourné le cours de l’Euphrate, entra dans Babylone comme par une grande route, en pénétrant dans le lit desséché du fleuve, la ville était capitale d’un royaume indépendant. Même les Perses conquérants ne découronnèrent point la cité conquise et la placèrent, avec Persepolis et Suse, au rang des capitales. Puis Alexandre, devenu le maître du monde exploré, de la mer Ionienne et de l’oasis de Jupiter Ammon aux embouchures de l’Indus, fit choix de cet endroit comme centre de son pouvoir et lieu de rendez-vous pour tous les peuples civilisés. Il est

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