‹ L'homme et la terreChapitre 269 sur 279 · BABYLONE · texte numérisé non relu

BABYLONE

vrai que la ruine commença peu de temps après, lorsque la résidence des souverains fut transférée à quelque distance, dans la cité nouvelle de Séleucie; mais ce déplacement n’eut qu’une importance locale, le milieu géographique de la Mésopotamie et de toutes les contrées qui en dépendent étant resté jusqu’à nos jours au centre des terres alluviales où s’entremêlent les courants des fleuves jumeaux. Le nom de « Babylone » plane encore sur toute la contrée, tandis qu’au point de vue symbolique il désigne toutes les puissantes cités où viennent s’entasser les millions d’hommes, apportant avec eux la fièvre du savoir, mais aussi la contagion du vice.

Comparé à celui de la Mésopotamie proprement dite, le centre de civilisation où naquit l’empire d’Assyrie manque presque complètement d’originalité, puisqu’il a tout reçu des régions du midi : l’écriture, l’industrie, les arts et les sciences. Mais le pouvoir monarchique s’y constitua d’une manière tellement formidable que les sar d’Assyrie sont devenus les représentants par excellence de la royauté absolue. Les tribus de montagnards qui descendent des vallées environnantes sont composées de Kurdes gagnant péniblement leur vie comme bergers et agriculteurs et toujours prêts au pillage quand une occasion favorable se présente : un chef de

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