STATUE DU ROI ASSUR-BAN-I-PA'L
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des coupeurs de gorges pour l’accompagner dans ses expéditions de guerre; un souverain y recrute autant de mercenaires sans scrupules qu’il y a d’hommes valides dans la contrée. Ce sont les éléments desquels se servirent les rois d’Assyrie pour organiser des armées impitoyables, prêtes au massacre et à l’incendie. Or, dans cette région ninivite où chaque vallée convergente fournissait le matériel de guerre en chair et en os, une puissance militaire telle que le fut Assur aurait pu disposer également de toutes les ressources scientifiques et industrielles qui lui venaient du midi; mais il ne paraît point que les Assyriens aient ajouté beaucoup au trésor de découvertes importé de la Chaldée.
Les constructions des rois assyriens n’eurent d’autre motif que la poursuite de la guerre ou la glorification de leur personne; les préoccupations de science et de religion n’entrèrent que pour une faible part dans leur architecture. Les restitutions du palais de Sargon, telles que nous les donnent Place et Chipiez, montrent la prodigieuse quantité de travail à laquelle furent soumises les population, pour édifier à leurs maîtres de véritables cités, assez grandes pour contenir des armées de serviteurs et de soldats. L’étendue des terrasses, la perspective superbe des escaliers, la majesté des portes et la hauteur des tours devaient inspirer aux gens du dehors une sainte admiration, mêlée de terreur, envers l’habitant suprême de ces palais , et cette impression était encore accrue par l’aspect grandiose et terrible des statues colossales d’hommes et d’animaux qui gai’daient les entrées. Pour sculpter ces monstres formidables, les artistes assyriens avaient à leur disposition les albâtres et les basaltes des montagnes voisines, et pouvaient ainsi assurer la durée de leurs œuvres, même au milieu de l’amas immense des briques renversées par un assaut ou changées en poussière par le temps. Les peintres et les décorateurs des palais d’Assyrie possédaient aussi des couleurs très durables, des sels de plomb et de cuivre que l’on croyait être de découverte récente avant que les archéologues n’eussent fouillé le sol de Ninive.
Le lieu précis du centre de l’empire assyrien fut probablement indiqué par la nature à l’endroit où les grands bateaux d’aval devaient interrompre la navigation et où les radeaux apportés par le courant d’amont étaient allégés de leurs denrées et dépecés. Les inscriptions cunéiformes ont révélé l’ancienne existence d’une ville d’Acbour ou