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I. Alex, de Huinboldt, Voyage aux régions équinoxiales

l’homme et la terre

toujours, même avant la République, des républicains fervents. S’ils ne constituent point de peuplades indépendantes, il leur suffit de vivre presque complètement à l’écart des villageois et des citadins du voisinage pour qu’ils conservent un mode de penser beaucoup plus antique. Des catholiques ardents, que le doute envahit malgré eux, célèbrent avec envie l’inébranlable « foi du charbonnier ».

Quelles que soient les causes géographiques de leur isolement, les familles ou les trihus laissées en dehors de l’humanité toujours active et en effort ont ce même esprit tenace de conservation. Toutes choses égales d’ailleurs, l’évolution de la pensée se fait plus rapide en proportion du nombre des individus qui y participent. C’est ainsi qu’une île perdue dans l’Océan, et pourtant habitée, soit à la suite de quelque naufrage, soit par colonisation volontaire, devient toujours un microcosme très distinct des terres les plus voisines par les moeurs et les institutions des individus qui le composent.

Une des îles du petit archipel de Hirt ou Saint-Kilda, situé au large des Hébrides, possède une communauté de ce genre, composée d’une vingtaine de familles qui vivent dans un vallon verdoyant, occupées uniquement de l’élève du mouton et de la chasse aux oiseaux de mer; durant les hivers rigoureux, les résidants de l’île seraient exposés à mourir de faim, si des bateaux de ravitaillement ne leur étaient envoyés d’Ecosse. Le milieu de ce petit monde à part diffère tellement de celui de la Grande-Bretagne que l’arrivée d’un navire suffisait naguère, avant que les communications fussent assez fréquentes, pour qu’une contagion de rhume se répandît parmi les Gaël de Saint-Kilda. En outre, les enfants nouveau-nés y succombent très fréquemment à la « maladie des huit jours », espèce de tétanos qui provient probablement de ce que les habitants tirent des oiseaux de mer leur principale nourriture, leur chauffage, leur éclairage et le duvet de leur couche.

Dans les îles Vestmaneyar, près de la côte méridionale de l’Islande, le même régime produit les mêmes redoutables effets'.

Quant aux insulaires enfermés dans la prison naturelle la plus redoutable, la terre de Tristào d’Acunha, environnée de froids et de tempêtes, ils jouissent amplement de la santé que donnent toutes les

I. II. Labonne, Du tétanos des noaveaa-nés. (Gazette hebd. de Médecine... i888j.

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