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taie à l’isolement de son existence primitive et ont fini par constituer le genre humain dans son entièreté.
Mais durant la longue évolution, quelle fusée d’événements divers, quel chaos apparent de forces entrecroisées s’ajoutant les unes aux autres ou se neutralisant mutuellement, quelle action confuse de causes simultanées et multiples entraînant des effets sans nombre d’une étonnante complexité, mélanges pacifiques et luttes guerrières, association pour l’œuvre commune et destruction de travaux qui sembleraient faits pour toujours, peuplement de régions désertes et dévastation de territoires fertiles, tourbillonnement infini où les hommes et les choses
l’homme et la terre
naissent et disparaissent comme les poussières que traverse un rayon de soleil!
De ce conflit incessant entre la vie et la mort, tantôt l’une, tantôt l’autre semble l’emporter suivant le point de vue auquel on se place; et d’ailleurs la pei'pétuelle transformation de l’univers ne comportet-elle pas l’équivalence des deux forces, leur identité parfaite, toute vie étant un ensemble de vies ?
Mais en se limitant à la seule perspective que présente l’évolution spéciale de l’homme et des animaux qui l’entourent, il est certain que, des origines connues jusqu’à l’époque actuelle, notre monde humain s’est développé de manière à réunir ses groupes épars en une société générale de plus en plus cohérente, et à former avec la Terre qui le porte un tout de plus en plus intime. C’est là ce que, dans leur conception particulière et subjective, les homnres appellent le « progrès ».
Les initiateurs furent eux-mêmes des initiés de la nature.