‹ L'homme et la terreChapitre 84 sur 279 · PORT TAMPA, UNE MODERNE CITÉ LACUSTRE · texte numérisé non relu

PORT TAMPA, UNE MODERNE CITÉ LACUSTRE

D’après une photographie

comme centre d’alimentation, tous les éléments pour la formation d’uu groupe permanent s’y trouvent assemblés.

Mais l’homme n’est pas seulement guidé par scs intérêts immédiats dans la conduite de la vie. La peur de l’incounu, l’clfroi du myslcre fixent aussi les populations dans le voisinage des lieux redoutés: on se sent attiré par l’objet même de sa crainte. Que des vapeurs s’élèvent des fissures du sol comme d’uuc forge où les dieux martèlent les carreaux de la foudre; c[uc l’on entende d’étranges échos se répercuter sur les rochers comme des voix de génies railleurs, (ju’un phénomène iuexplif[ué illustre quelque coin de la terre, soit un bloc de fer

l’homme et la terre

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,tOTTil)ant du ciel, soit une flamme ou une source vive jaillissant du rocher, soit une nuée mystérieuse prenant forme humaine et s’envo lant dans les airs, la religion consacre le lieu, des sanctuaires s’élèvent, les fidèles accourent, et si l’emplacement sacré se trouve bien situé à d’autres égards, une la Mecque peut y surgir ou une Jérusalem.

Enfin la haine entre hommes, la peur du sac, du pillage firent aussi naître des groupes d’habitations, et de nos jours encore la construction de cités puissantes est due aux memes causes. Une des préoccupations constantes de nos aïeux était de se garer des incursions ennemies ; en mainte contrée on ne pouvait concevoir l’existence d’un village qui ne fût entouré d’une palissade et d’abattis: on utilisait tous les avantages-du terrain pour établir un lieu de séjour qui fût en meme temps un refuge. C’est ainsi qu’un îlot séparé de la terre feime par un détroit profond offrait un admirable emplacement pour la construction d’une cité maritime ou lacustre, pouvant à la fois guetter l’approche des ennemis et présenter un bon accueil aux amis. Les roches escarpées à parois perpendiculaires, d’où en eas d’attaque on écrasait les assaillants sous des pluies de pierres, constituaient aussi des forteresses naturelles très appréciées d’où l’on surveillait et dominait l’espace à la façon des aigles.

Dans les pays accidentés où des ti’aits brusques, parois de montagnes, ravins profonds, larges fleuves, rivages de la mer, limitent les petites sociétés primitives, les distances qui séparent les divers foyeis d’activité humaine sont très inégales. Il en est autrement dans les contrées qui présentent un earactère uniforme sur de vastes étendues, par le sol, le relief et le climat : là les villages ou campements des tribus parsèment l’espaee à intervalles réguliers, à une journée de marche dans les pays à population rare, à une demi-journée ou par moindres fraetions en des régions plus populeuses ; un véritable rythme réglé par le pas de l’homme jiréside à la distribution des groupes humains.

A l’examen des cartes détaillées, on remarque facilement le contraste que présentent les lieux d’habitation à espace normal et ceux auxquels les modifications du milieu ont imposé un désordre apparent. Longtemps le parcours habituel d’un marcheur, avee ses repos nécessaires pour la nourriture et le sommeil, fut la seule mesure de distance qui marqui'it sur le sol les lieux d’étapes et de eroisement; mais la domestication des animaux de course permit à l’homme d’allonger son

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