I. Georg Schweinfurth, De l’Origine des Egyptiens
pas l’art de s’accommoder pittoresquement à la nature en contournant ou en surmontant les obstacles par de gracieuses sinuosités.
Toutefois l’assèchement du sol des vallées a fait, en d’innombrables endroits, déplacer nombre de ces pistes : pour éviter les marais, les boues, les fourrés de végétation touffue, les embuscades, les voyageurs aimaient jadis à suivre les arêtes de collines, de manière à commander la vue des deux versants. Le Rennsteig de la Thuriiige est le type le plus remarquable de ces chemins historiques, délaissés depuis que les routes ont pu s’établir dans toutes les vallées que l’homme a graduellement aménagées : on cherche maintenant, par une sorte de piété historique, à reconnaître tous les vestiges de l’anticfue tracé, mais le mode nouveau introduit par la civilisation moderne ne comporte plus guère l’evistence de ces routes des crêtes.
Mainte peuplade, dite sauvage, a su donner des preuves de science et d’audace architecturales par la construction de ponts et de glissières au-dessus de torrents , de précipices et même de vallées entières .
En nombre de contrées, notamment dans le Tibet oriental et en Amérique, dans le pays des Inca, les oroyas, tarabitas et divers types de « funiculaires » employés pour la traversée des gorges profondes, d’une falaise à l’autre, doivent être considérés, sans doute, comme des constructions héritées de peuples ayant joui autrefois d’une culture supérieure à celle des habitants actuels de la contrée. Quelques tribus américaines devenues sauvages — entr’autres les Aruacos de la Sierra Nevada de Santa Marta — ont conservé des formes de constructions certainement primitives, tels les ponts composés d’arbres vivants qui se penchent l’un vers l’autre et dont on entrelace les branches maîtresses en ajoutant des réseaux de lianes au plancher rudimentaire.
L’homme civilisé, ayant actuellement de très grandes exigences pour ses voies de communication , routes , canaux et voies ferrés , est trop porté à croire que ses ancêtres, les primitifs, se trouvaient presque entièrement dépourvus des moyens de parcourir le monde. C’est une erreur. Ne possédant pas de véhicules, nos aïeux les chasseurs ou les bergers nomades se servaient d’autant mieux de leurs membres, et les exploits pédestres qui sont considérés maintenant comme excep-