I . Elle Reclus, Notes marmscrUes
l'homme et la teuue
entre les deux mains; telle est encore la méthode pratiquée par les femmes ouolof pour tourner leurs écuelles’. En maintes contrées, en maints villages, l’antique industrie des âges lithiques s’est maintenue chez les potiers, notamment à Ornolac, dans les Pyrénées et sur les bords du Nil.
Une découverte essentielle, le point de départ de toute la mécanique, fut l’invention de la roue, évènement capital dont les archéologues ne savent encore à qui faire remonter le mérite. En tout cas, il est certain que le Nouveau Monde ne connut pas le char avant l’arrivée des Espagnols ; il n’avait que le traîneau, tandis que dans l’Ancien Monde nous voyons apparaître partout, aux origines de l’histoire, le merveilleux engin de la caisse où l’homme se place avec son avoir, qu’il installe sur un essieu entre deux roues pleines, grinçant à chaque traction du moteur, homme ou animal.
Pareille conquête fut, avec celle des métaux, la véritable aurore du monde moderne.
Les travaux métallurgiques ne se sont point succédé dans toutes les contrées suivant un ordre identique. Les méthodes ont du varier suivant l’abondance et la nature du minerai, de même que suivant les progrès accomplis antérieurement par les diverses populations. Ainsi l’on constate que les sauvages, riverains du lac Supérieur, dans l’Amérique du Nord, apprirent à mai'teler le cuivre natif des gisements d’Ontonagon et de Keweenaw, pour en fabriquer des ornements et des armes. De même, les Eskimaux du Groenland, qui ne savaient pas fondre les métaux et qui, pour leur industrie habituelle, en étaient encore à l’âge de la pierre et des os, utilisaient pourtant quelque peu les blocs de fer météorique ou natif qu’ils trouvaient sur leurs côtes. Tandis que, dans l’Europe occidentale, l’ordre de succession normal dans l’emploi des métaux se fit du cuivre au fer en passant par le bronze — alliage de cuivre et d’étain, — les nègres et les Ouraliens commencèrent par l’usage du fer, et ce sont eux qui, par deux voies, celles du sud et de l’est, devinrent, comme forgerons, les imitateurs des « Aryens » d’Europe et d’Asie.
I. Lajard et Régnault, Bull. Soc. d’ Anthropologie, Séance du 19 déc. iSgS, p. 787.