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L'homme et sa chute [microforme]

La première édition de cet opuscule parut à Montréal (Canada, Amérique), en 1866. De la préface originale, je ne reproduis que les deux paragraphes suivants; le reste, étant d’un intérêt purement local, je l’omets.

Chaque chapitre de cet écrit est le produit d'une inspiration (consciente) différente. Les inspirateurs montent les degrés de la pensée, présentant une gradation de théorie dont le dernier terme est abstrait ou philosophique. Aucun d’eux, néanmoins, ne se pose en autorité absolue, à l'instar des faibles intelligences; tous comprennent que l’avenir recèle des aspects nouveaux de la vérité et que la lumière qui éclaire toutes choses est encore loin d’être bien connue.

On verra que les lumières nouvelles s’annoncent comme hypothèses dans l'autre monde comme dans celui-ci, et que là chacun est libre

de les accepter ou de ne pas les accepter. Le progrès existe dans l’autre monde commesur luterre, et ses habitants, par conséquent, occupent des degrés différents d'intellectualité.

Ma médiumnité s'étant considérablement développée depuis 1866, on a pu m'inspirer davantage et me faire comprendre autrement ou mieux certains points qui se trouvent plus ou moins entachés, on pourrait dire, de teintes théologiques — fruits de l’éducation première. Ainsi, par exemple, la personnalité du Christ, qu'on représente comme ayant inauguré notre ère morale, ne serait véritablement que celle d’Apollonius de Tyane ! Mais cela n’est pas d'une grande importance, excepté au point de vue historique. La substitution de nom n’altère en rien la sublimité de la morale et des enseignements qui nous ont été transmis — et qui furent le produit naturel et logique du travail et du développement de l'humanité, et non pas celui d'un individu quelconque ! Même dans le monde fluidique, le grand nombre des désincarnés qui a subi la discipline terrestre religieuse de l’école chrétienne, croit fermement à la personnalité de Jésus. Les initiés seuls, dans les hautes sphères, savent ce qui en est. Et, de plus, le grand réformateur ou médium, Apollonius de Tyane, est forcé, en conséquence des notions arrêtées des Chrétiens dans l’autre monde,

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de se présenter à eux sous le voile et le nom dont on l’a affublé généralement. Les lois psychologiques s'exercent en haut comme en bas, et les esprits avancés ou grands sont souvent obligés, pour un temps, de se mettre au niveau des petits, pour pouvoir être reçus parmi eux et les aider.

Quant à l’idée de Dieu — que chacun fait à son image — la notion panthéiste, des anciens sages, de « Tout dans Un, et de Un dans Tout », semble être celle que les plus grands Esprits aocueillent de préférence. Suivant eux, la « Collectivité des âmes ou des intelligences pures constitue véritablement la Cause UNIVERSELLE ». Je partage entièrement cette idée philosophique — qui n’exclut nullement l’individualité.

Je voudrais aussi faire part à mesnouveaux lecteurs, Européens, d'une théorie qui me fut communiquée par l'esprit d'Eugène Sue, il y a un bon nombre d'années, sur la formation des globes. Je me contenterai de donner un simple aperçu de l’idée lumineuse et pratique que ce bel esprit français me développa, dans son action fluidique et matérielle. «Il n’y a, dit-il, que trois molécules : l'angulaire, l'allongée et la sphérique, qui forment les mondes et leurs êtres — l’une succédant à l’autre jusqu’à entier développement et

donnant suite à des ères différentes, dans l’histoire individuelle et générale. »

Je me plais à rendre hommage au grand écri- vain en donnant le jour à son idée, venue de source, dans son pays.

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