APERÇU GÉNÉRAL
L'homme vient de Dieu et en est l'expression la plus vivante, la plus parfaite.
L'homme existe dans trois états successivement : à l'état d'dme, à l’état d'esprit et à l'état matériel.
L'homme est l’agent de Dieu pour organiser la matière et la mouler dans toutes les formes désirables.
A l’état d'âme l’homme est dans son état primitif et contemple dans toute sa pureté la puissance, l'amour et la sagesse du Père Eternel.
A l'état d'esprit l’homme a un voile sur les yeux et ne peut se rendre compte que d’une faible partie de la nature de Dieu et de la sienne : il est déjà exilé de sa patrie et n’en a qu'un confus et faible souvenir.
A l'état matériel l’homme remplit, en quelque sorte, l'office de manœuvre. Ses deux états précédents lui semblent hypersoliqueset tous ses efforts d'intelligence pour arriver à la connaissance des causes se trouvent entravés par des difficultés innombrables.
L'intelligence divine traverse la nature entière,mais, comme la lumière du soleil, elle agit d’une manière directe ou indirecte sur les autres intelligences suivant
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leur état de réceptivité. Le monde spirituel recevant plus directement l'intelligence divine en profite plus largement et la comprend mieux que le monde matériel.
L'homme à l’état d'esprit agit sur les fluides qu'il transmet à l’homme matériel pour être concrets. — Voilà, en quelques mots, tout le mystère de la mission humaine expliqué.
La chute de l’homme de son état d'âme, ou divin, à l'état spirituel, peut être expliquée de bien des manières, suivant la nature de l’examen. La chute de l’état spirituel à l’état matériel est sujette aussi à bien des explications.
Dans toute société il existe trois classes : la classe physique, la classe morale et la classe intellectuelle. Cette dernière représente toujours une plus forte somme de vérité.
L'homme physique ne voit guère que la terre, parce qu’il s’y établit de bonne foi et y travaille avec courage et persévérance. L'homme moral ne voit guêre que le ciel — ou le monde spirituel — et n’accomplit sa mission terrestre qu'avec une certaine répugnance; sa pensée se reporte presque continuellement au second étage de la vie; il juge toujours mal la vie matérielle, car il ne s’y livre pas; il est sur la terre pour soulager les souffrances du premier, et non pour les augmenter; sa lumière, comme celle de la lune, n’est qu’une chose d'emprunt et ne saurait servir pour éclairer sûrement et en dernier ressort les hommes. L'homme intellectuel représente le soleil de la sphère mentale; sa pensée jaillit dans tous les sens et éclaire toutes choses.
La. classe morale a toujours enseigné que la chute de l’homme, de son état primitif, était due à la désobéissance, à une violation de devoirs. La classe morale
en
représente le cœur de l'organisme social; comme lui elle devrait être aimante et voir partout l'amour et non la haine : faillissant à cette mission, son intelligence devient en quelque sorte nulle et impropre à guider ses enfants. La tête de l’organisme social, ou la classe intellectuelle, interprète d’une manière bien différente la chute de l’homme, etse complaît à voir dans le Pére Eternel les qualités les plus larges, les plus généreuses, les plus sages.
Durant la première ére sur la terre la pensée humaine avait un caractère physique ou grossier. L'idée de Dieu était informe, et toute autre connaissance comportait aussi un caractère rudimentaire; c'était la conséquence indispensable de cette êre; néanmoins, lorsque cette ère arriva à son développement intellectuel, de vastes pensées philosophiques, qui émerveillent encore les penseurs, se firent jour. Cet âge a semé des germes qui fructifieront dans celui-ci.
Si le grand prophète, qui donna son nom à l'ére que nous traversons encore, ne communiqua pas tout le savoir qui était en lui, c’est qu’il ne pouvait et ne devait pas dépasser sa mission d’initiateur. Le grand cœur que percérent l’ignorance et la cupidité avait une intelligence éclairée qui embrassait autre chose que le sens purement moral de la vie; mais pour se faire comprendre 1l dut souvent employer le langage de l’époque et même celui de la tradition, tout grossier qu'il était. Au-dessus, néanmoins, de ce langage, plane, en gerbes brillantes, celui de l’amour,de la tolérance et des pensées hardies d’un autre ordre. Le Christ savait que la doctrine dont 1l était dépositaire n’arriverait à son état de maturité que lorsque l’âge intellectuel serait venu. Il ne pouvait, en conséquence, enseigner à ses frères que ce qu'ils pouvaient bien comprendre. Les lacunes qu'il
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a laissées dans ses enseignements n'étaient pas une preuve de son incompétence à les remplir, et signifient que ce devoir nous incombait.
Nous entrons aujourd’hui dans l'âge intellectuel de notre ére, ou de la seconde ère. À mesure que la mission terrestre de l’homme avance, les idées prennent un plus grand essor et saisissent mieux la vérité.
L'humanité terrestre reçoit aujourd'hui des révélations nouvelles auxquelles elle a droit et qui sont nécessaires à l'âge dans lequel elle entre. Les barrières disparaissent et l'intelligence entre dans de nouveaux horizons dont la beauté resplendissante émerveille de bonheur ceux qui les parcourent. Le libre examen se défait de ses entraves et trouve la démonstration là où l'obscurité existait. De glorieuses perspectives se dévoilent et se déroulent à l'envi au-delà de toute expression. Le bonheur se fait déja pour les malheureux de toutes espèces, non seulement par des promesses, mais par des réalisations fécondes, par un changement de conditions d'autant plus grandes qu'elles embrassent à la fois la vie présente et la vie future.
L'autorité, dite Maternelle, assistera bientôt, tout le dit, à l'émancipation de ses enfants et se complaira à leurs nouvelles habitudes, à leur nouvel ordre d'idées et à leur indépendance ; ses enseignements, ne convenant plus à ses enfants devenus hommes, serviront, après avoir subi queiques modifications importantes, provoquées par le nouvel âge dans l'ordre social et dans celui de sa propre existence, et par les rudes et utiles leçons de l’expérience passée, aux générations qui surgiront de son sein.
Le dernier âge de la première ère terrestre, disonsnous, a semé des vérités qui s'épanouiront avec une magaificence inouïe. Les sages de l’antiquité ont avancé
des théories qui réclament impérieusement aujourd’hui l'attention des penseurs. L’intellectualité de la première ère va se répéter dans la seconde et faire jaillir des idées d’une importance immense. Le temps est arrivé pour éclaircir bien des mystères. La « bonne nouvelle » est annoncée et la « terre promise, >» remplie de richesses de toutes sortes, est signalée.
L'auteur de cet écrit a été inspiré d'une nouvelle version sur la « chute de l’homme ». Voici l'exposé succinct et clair de cette révélation :
Lorsque Dieu manifesta le désir de créer cette planète, nous, hommes, — à l’état d'’âmes, — répondimes à ce désir par un élan spontané d'action. La chute que nous fimes d'abord, de l’état d'âme à l'état d'esprit, occasionna en nous des conditions gênantes qui s’accrurent davantage à l’état matériel, lorsque nous prîmes l’organisme par lequel nous agissons à présent. Le travail matériel comporte toujours la gène dans les mouvements et dans les actions et amène des perturbations là où il a lieu; voilà ce qui explique les évènements passés, qui sont, en très faible partie, rapportés par l’histoire et la tradition. Ces événements, ou ces troubles, ont été de différentes natures ; mais ils ont tous eu pour objet, d’une manière directe ou indirecte, de concourir au développement de notre planète.
D'après la version accréditée encore de nos jours par le grand nombre sur la « chute de l’homme », — des anges rebelles furent chassés d’un lieu de délices dans des régions bien mal favorisées, où la douleur régnait en maîtresse. La seconde chute (sur la terre), pâle reflet en quelque sorte de la première, lui succéda; là le travail devint suant. Ces deux chutes (dont la seconde n’est que la conséquence naturelle de la première), ou ces deux faits de l’histoire de l’homme, jus-
qu'aujourd'hui si mal envisagés, ont été tellement enveloppés des langes de l'enfance, ou d'erreurs, que la pensée humaine, éclairée des âges passés et du présent, ne les a acceptés que sous bénéfice d'inventaire. Tout ce que la pensée conçoit renferme la vérité, mais toute chose a une enveloppe plus ou moins épaisse, en raison des circonstances qui l'entourent. Si la chute de l’homme a été envisagée jusqu’à présent d’une manière si défavorable pour notre espèce, et par contre-coup pour le Pére Eternel, c'est que le temps n'était pas encore venu d'avoir une appréciation plus juste de ce grand fait.
Il est maintenant proclamé (par les inspirateurs de cet écrit) que la chute de l’homme. n'a pas été causée par un acte blämable de sa part, et que cette chute n’est pas ce qu'on prétend. L'homme, en descendant de son état divin pour remplir une mission matérielle, n’a pas encouru ou subi de dépréciation dans sa valeur réelle, et ne s’est pas attiré de malédictions en se faisant l'instrument du Créateur vis-à-vis de la nature matérielle. Le sentiment du devoir, du dévouement et de l'amour seul a causé la chute de l’homme, ou un changement passager dans ses conditions d'existence ; son exil des régions éthérées a été un exil volontaire, nullement provoqué par la transgression d’aucun devoir, par la violation d'aucun sentiment, par le moindre affaiblissement de son intelligence. L'homme, à l'état d'âme, est en pleine et entière jouissance de toutes ses facultés et ne saurait faillir, ou se tromper, jusqu’à la révolte ; la lumière qui l'entoure là est tellement grande, ou parfaite, que l'erreur, ou le trouble, ne saurait y pénétrer.
La pensée terrestre s’est trop appuyée sur l'effet ; elle a vu un châtiment là où ii n’y a que les consé-
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quences du dévouement; de douloureux effets lui ont fait croire à un méfait comme cause. L'homme ne pouvait pas remonter à son passé avant d'avoir amené un certain développement dans son présent, et, il n’y atteindra, même par la pensée, d'une maniére positive, que lorsque l'ère intellectuelle éclairera la terre. Le monde spirituel même ne saurait encore voir dans ce passé qui a précédé notre mission actuelle ; les plus avancés de cette sphère ne sauraient pénétrer encore d’une manière lucide dans le séjour bienheureux d’où nous sommes tous sortis et où nous retournerons tous sans distinction.
Les notions consolantes sont toujours bonnes pour le cœur, et les notions simples et claires sont celles qui conviennent le mieux à l'intelligence. La présente version sur la « chute de l’homme, » révélée à l’auteur, lui semble offrir de grandes, d'immenses consolations et des idées d’un caractère simple et très élevé à la fois.
Les grandes vérités ne recherchent pas la mise en scène ou même les démonstrations détaillées, lorsqu'elles s’ännoncent ; elles procèdent simplement, et le grenier et la crèche, le plus souvent, servent à leur naissance. L’inspiration qui a donné lieu à cet écrit est venue soudainement annoncer, en quelques mots, à l’auteur, la cause et la raison de la chute de l’homme. Que ceux qui trouvent cette raison sage s’y rallient et la proclament : c’est leur devoir. La « bonne nouvelle » donne des ailes à ses disciples et les inonde de lumière.
La chute de l’homme est une glorieuse épopée que nous avons ravalée, mais dont nous devons être fiers ; les misères et les difficultés de la vie spirituelle et de la vie matérielle, quelque nombreuses et pénibles
qu'elles paraissent, n'ont qu'une durée éphémère et servent au grand but de la mission créatrice assignée à l'homme. Les difficultés vaincues par nous dans le passé, sur cette terre, nous enseignent que l’avenir n’est pas sombre, mais brillant et accessible à tous. Tout vient de Dieu, tout retourne à Dieu.