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âge de cette ère, a remué de fond en comble les idées de l’époque précédente et leur a donné d’autres formes. Les siècles précédents, qui formèrent le premier âge de cette ère, avaient été les témoins de bien des révolutions dans le domaine des idées ; mais à l'avènement d'aucun d’eux on ne vit briller aussi nettement, aussi puissamment, un changement dans l’ordre général des idées et des choses. Voilà ce qui démontre que la révolution des âges l'emporte beaucoup en intérêt et en importance sur la révolution des siècles, qui n’en forment que la partie.
La ligne de démarcation entre l’âge actuel et celui de la Réforme se présente à nos yeux sous la forme d'événements tranchés que méconnut le xvuui° siècle, malgré toute sa hardiesse et son savoir. Les âges de chaque êre se ressemblent et ont une même nature dans l’action, comme cela est exemplifié dans tous les êtres humains de l’enfance à l’adolescence, et de l’adolescence à la vitalité.
L'âge intellectuel de cette ère, qui ne fait que commencer, à vrai dire, arbore un drapeau aussi hardiment dessiné que celui qu’arborérent les anciens sages de l'ère païenne, et, il lui ressemble en ceci, qu'il représente une nuance nette et éclatante à la fois; le fond et la forme des deux se ressemblent tellement qu'on se croirait transporté au même âge. L'âge actuel, qui ne fait que d’apparaître, s'empare déjà des idées particulières, ayant forme de doctrine, de l’âge païen.
L'ère physique, ou païenne, a eu son apogée dans la philosophie de son dernier âge. Cet âge rassembla en corps les idées des âges précédents et en forma un Code qui fait encore l’admiration des hommes éclairés de ce siècle. Les sages de l’antiquité étaient le produit naturel de cet âge qui allait clore la première ére. Arrivée à sa
dernière expression, cette ère se faisait mûre et grande par de nouvelles conceptions dont un grand nombre sont restées incomprises même jusqu’à ce jour. Les âges et les êres se répêtent toujours, quoique dans de nouvelles conditions. L'âge philosophique des anciens a eu lieu; l'ère actuelle peut-elle éviter d’avoir le sien ? Il vaudrait autant s'attendre à ce que l'adolescent ne devint pas homme, que de croire qu'elle puisse être privée d’un âge intellectuel ou philosophique. Toutes les idées d’une ére sont forcées de se résumer dans un Code philosophique ou explicatif, lorsque son dernier âge est arrivé. C’est un travail qui semble peut-être impossible et inutile à ceux qui vivent dans l'ombre et qui s’y complaisent, mais la destinée ne manque jamais d'agents pour la servir et remplir ses vues.
Les anciens commencent aujourd’hui à renaître et à secouer les vieilles cendres qu’ils ont laissées derrière eux sur cette terre ; nouveaux Lazares, ils commencent déjà à donner signe de vie : bientôt ils marcheront.
Qui mieux que les anciens sages pourrait développer les idées en germe qui descendirent en gerbes de feu sur leurs têtes? Mais peuvent-ils renaître sur cette terre et donner suite aux hautes conceptions dont ils furent les réceptacles? Ceux qui ne savent pas voir et lire dans les idées et les événements du jour, trouveront certainement cette question oiseuse et même ridicule, mais l’assertion dans ce cas est bien appuyée et motivée par l'intelligence des faits.
Rien n’est détruit, ou annihilé, et tout se répète dans de nouvelles conditions. Quelle impossibilité, quelle invraisemblance y aurait-il donc alors, à ce que les anciens sages revinssent sur la terre pour servir au développement des idées qu'ils promulguëérent dans l'antiquité ? La renaissance des choses est un fait qui
n'arrive que par la renaissance des idées. Si les idées renaissent, qu'est-ce qui empêchera donc leurs organismes de renaître? Rappelez-vous que tout organisme qui disparaît par la mort de la terre, existe encore à l’état spirituel, et qu’il n’est pas plus impossible, plus impraticable de le rappeler à l’état concret sur la terre, que de condenser les gaz qui se trouvent dans l’atmosphère. Des conditions sont nécessaires pour amener ce dernier résultat : des conditions, limitées par la nécessité, sont aussi nécessaires pour amener le premier.
Toute idée, ou tout corps d'idée, qui n’est pas rendue à la phase philosophique, est nécessairement bornée dans sa manifestation. C'est le grand jour qui éclaire bien. La lumière de second ordre n'’éclaire toujours que confusément.
La renaissance dans le domaine purement matériel au physique n’est pas un secret pour la science, ou du moins pour ceux qui en possédent les hautes notions.
Les éclaireurs qui annoncent aujourd'hui la phase nouvelle se divisent sur divers points de doctrine. Pourrait-il en être autrement? Si le positif et le négatif dans un même corps n’échangeaient pas leurs éclairs, où serait donc le progrès? Leurs divergences ne peuvent qu'éveiller les échos lointains et leur faire répéter la leçon qu'ils apprendront ainsi malgré eux. Tant que le monde dira oui et non, il ne pourra que marcher de l'avant. Les générations futures sont toujours les héritiéres des grands trésors de ces deux conjoints que l'ignorance croit mal assortis.
Depuis le commencement de cette ère les idées qui se rapportent aux choses spirituelles ont subi de nouvelles et nombreuses modifications. Partout elles ont formé de nouveaux centres, amenant ainsi la décentra lisation, surtout depuis l'avènement de la Réforme.
Les dogmes se sont multipliés et les hommes ont battu le fer chaud de la discussion. Chacun s'appuie sur des piliers qui manquent de chapiteaux; mais le temps et le travail finiront par amener ce détail nécessaire, et, lorsque ce détail pour chacun de ces piliers sera fait, le tout formera un assemblage complet qui n’exigera pour devenir un bel édifice spirituel, qu'un toit construit par la philoscphie pure.
Les passions religieuses servent de main-d'œuvre à ce travail gigantesque. Chaque centre se croit en mesure et en possession du droit divin, et cette foi collective qui, en détail, paraît si inconcevablement obscure et même absurde à certains hommes, quelque incomplète qu’elle soit encore, malgré le travail de tous les âges passés qui ont aidé à la formuler, présente déjà à l'œil clairvoyant une sublime création spirituelle.
Tous les hommes qui s’arrogent le droit divin pour proclamer la sainteté de leurs causes respectives, ne faussent pas la vérité. Que vaudrait la Toute-Puissance, si elle pouvait être réellement bravée ou vaincue, en aucun temps, en quoique ce soit, sur aucun des détails de la nature, par les petits êtres qui en font partie ?..…. Celui qui peut saisir et comprendre la profondeur, la largeur et la hauteur de cette simple question, ne saurait un seul instant vaciller sur la réponse. Tous les hommes ont le droit divin pour eux. L'organisme de n’importe quel règne, celui qui rampe péniblement et qui vit par la destruction, celui qui s'ébat gracieusement au soleil des jouissances, et celui qui plane audessus des autres comme mobile principal, tous sont animés et fatalement dirigés par la Cause invisible nommée Dieu.
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un Cri qui remplit l'univers et qui se répercute dans chacune des molécules qui le composent. La négation qui roule ses tonnerres et lance ses feux sur toutes les couches de la création sert à faire tourner la grande roue qui distribue partout le progrès.
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