‹ L'homme et sa chute [microforme]Chapitre 5 sur 6 · TU · texte numérisé non relu

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de chose. Psychologistes, vous n'en saisissez encore que quelques rayons qui s'en échappent. Foyer microscopique, tantôt ardent,tantôt pâle ettantôt obscur, tu ne reflètes rien par toi-même. Les lumières et les ombres que tu reproduis sous tant de milliards de formes éthérées, fluidiques et accentuées,dans quelque sphère que tu sois, rapproché ou éloigné de l’Eternelle Intelligence qui t’anime de ses rayons, tu n'es qu'un miroir convexe par le haut et concave par le bas.

La pensée divine qui se reflète sur cette terre et sur chacun des organismes de toute espèce qu'elle renferme, se manifeste ailleurs dans d'autres mondes autrement grands que celui-ci, et plus avancés sous tous les rapports. Le moi qui se répercute dans chaque organisme, dans tous les mondes existants, n’est simplement qu'un écho de l'Individualité Eternelle et Créatrice. Chaque bouche qui dit: je suis, répête faiblement ce que tous les rayons de la pensée divine révélent depuis toute éternité dans l’espace de l'infini. L'organisme animal, végétal et minéral ne disent-ils pas aussi : je suis, dans le langage qu'il leur est donné d'avoir? Est-ce parce que l'organisme humain le dit d’une manière différente des autres que cela importe beaucoup et fait une différence dans l'essence de la question ?

Des milliards de milliards de mondes se forment dans l'ombre et croissent et se développent d'abord avec difficulté ou lentement, comme tout commencement de travail quelconque. La période physique est sombre parce qu’elle naît dans l'obscurité. L'existence physique d'un monde, ou de milliards de mondes à la fois, comprenant l'existence de tous les organismes qui servent à les former et à les développer dans ce premier état, est de bien courte durée comme point véritable. Cette

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période est grosse néanmoins d'évènements particuliers et généraux aux yeux de l'humanité qui façonne ces mondes à ce premier degré. Que d'archives pour les contenir ! Arrive la seconde période, ou l'aurore précédée du petit jour. On assiste à des mouvements qui se définissent dans des œuvres plus avancées, plus uniformes ; les parties se joignent et se cimentent plus étroitement. La fraternité naît et impose ses lois à tous les règnes. L’aurore, néanmoins, quelque beau qu'il soit, n'est pas le jour. La période intermédiaire a naturellement trois nuances distinctes, comme toute autre période. La dernière nuance illumine déjà ce monde. Qu'arrivera-t-il ?

Le monde marche en avant et non en arrière ; le progrès, par conséquent, est le résultat qui viendra rendre cet âge supérieur à celui qui vient de s'écouler. Les idées nouvelles, ou renouvelées, qui inaugurent ce troisième âge de l’ére morale actuelle se dessinent hardiment et prennent déjà un essor prodigieux. La synthèse morale se forme sous des auspices favorables ; les entraves qu'elle rencontre sur son chemin sont des moyens qui contribuent plutôt en sa faveur qu'elles ne lui nuisent. Il n'est pas dans la nature des choses que les changements qui s’opérent en aucun temL rencontrent l'approbation du grand nombre et surtout des têtes officielles qui commandent en grande mesure à l'opinion publique; l'ignorance d’une part et l’ambition de l’autre font toujours que les idées nouvelles sont méconnues dans leur nature et leurs tendances : en heurtant les intérèts plutôt que les opinions reçues du monde officiel de toutes les classes, elles s’exposent de ces deux côtés à une mauvaise réception.

Il y a des idées qui semblent des montagnes infranchissables à quelques-uns et qui paraissent à d’autres

des précipices béants de perdition. Le petit nombre, lui, regarde tout froidement et avec intérêt. Les différentes classes d'êtres agissent d’une manière particulière, suivant leurs différents états et d'après la forme des idées qu’elles reçoivent et pou: lesquelles elles sont préposées. De cette variété d'états et d'individus naissent le mouvement, le progrès et l'harmonie qui ne se démontrent qu’à ceux qui savent bien voir.

On se sert souvent indifféremment des mots idée et pensée pour exprimer la même chose. La pensée est un tout qui comprend trois ordres d'idées oude nuances particulières. Les idées ont aussi leurs nuances, comme la pensée, et même chaque atome d'idée est triplement nuancé.

La pensée divine, pourrait-on croire, met bien du temps à se manifester sur cette terre, puisque nous ne sommes encore arrivés qu’à la manifestation intermédiaire ou à la nuance seconde de cette pensée et de ses effets; mais que sont les milliards de siècles dans la balance du temps? D'après le système exposé dans cet écrit, ce serait la pensée divine elle-même, dans son prolongement extérieur au moins, qui témoignerait de la lenteur de la marche des choses, puisque l'homme n’est représenté que comme un organisme. Comment réconcilier cela avec les données intuitives de la perfection inaltérable de la Cause dans toutes ses parties ? Raisonnerons-nous sur ce point qui paraît si difficile, si inexplicable ? Tout s'explique par le raisonnement quand les idées sont devenues des faits, mais non autrement. A quoi donc alors servirait le raisonnement sur ce sujet? Le raisonnement appliqué aux idées qui n’ont pas encore droit de cité sur la terre, ne sert qu’à déblayer leurs voies d'entrée, à épousseter les rayons qu'elles occuperont dans le cerveau. L'auteur

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ou les auteurs de cet écrit présentent le fruit de leurs inspirations, dont ils ne prétendent même pas expliquer le modus operandi.

Toute idée est le représentant d’un principe qui la gouverne. Le raisounement terrestre établit que tout effet est le produit d’une cause. Partant de ce point admis, que serait-ce donc que la manifestation entière de la nature, aussi bien dans l’ordre des idées que dans celui des faits, sinon le produit direct de la Cause nommée Dieu !

Au point de vue de la science et même de la morale, le changement en toute chose, d’où découle le progrès, et qui procède par la destruction ou la transformation, pour arriver à ce résultat, est reconnu comme juste et nécessaire. Pour amener cette destruction ou cette transformation, ne faut-il pas que la pensée divine, dans chacune de ses nuances, soit armée du moyen propre à l'exécution?

Tous les systé.nes sont des assemblages d'idées qui concourent au développement de toutes choses. Ceux qui ont le titre de nouveautés ont parfois un caractère qui ne plaît guëre au grand nombre et à ceux qui le dirigent, et ils sont stigmatisés dés leur naissance ou leur apparition par l'opinion publique. L’incompris à toujours les honneurs du dédain et de la persécution. Le succès immédiat n’est le résultat que des idées déjà connues, arrangées dans une forme nouvelle.

Le système, dont cet écrit représente une ébauche, sera certainement voué au mépris de ceux qui ne peuvent voir au-delà des opinions reçues. L’aveuglement n’est pas une condition favorable pour voir au-delà. La découverte du Nouvear-Monde et la relation de ses merveilles, semblaient aux anciens une mythologie propre seulement à amuser ‘’nagination. Il y a encore

beaucoup d'anciens sur la terre qui se moqueront de toute découverte dans le domaine des idées qu’ils prétendent officiellement cultiver et connaître à fond. Le champ de l’inconnu est infini et il n’est peuplé de chimères que pour ceux qui le méconnaissent.

Il est bien évident que les lois qui régissent la nature, par le concours des organismes de toutes sortes, procédent chacune d’une manière différente dans leur action. Chacune des lois étant individualisée, il s'ensuit que leurs êtres procèdent à la mission commune d’une manière différente. Les trois classes de l’ordre humain sont nécessairement forcées de voir et de comprendre toutes les questions sous les trois points de vue paraissant opposés l’un à l’autre d’une manière absolue. Voilà ce qui amène les conflits, d’où naît le progrès. Chaque classe veut faire prévaloir sa manière de voir et obtenir la suprématie du contrôle.

Dans l'inspiration qui nous arrive, la pensée divine, en partant de son centre, se dirige extérieurement sous la forme de trois rayons pour animer d’une manière différente les molécules, ou les êtres de l'atmosphère infinie qui l'entoure. L'unité agit sur la pluralité qui l'environne et lui prête sa vitalité à des degrés différents, suivant le rayon qui s’en échappe et qui frappe cette pluralité. Il est bien évident que tout effet provient d'une cause; par conséquent il est tout simple d'admettre, jusqu’à preuve du contraire, que ce qui est nommé bien et mal provient de la Cause.

Puisque le raisonnement est le moyen dont les hommes terrestres veulent se servir pour lire dans le grand livre de la vérité, servons-nous-en de temps à autre pour confondre leur ignorance et leur présomptiou. Toute lumière directe produit des eifets différents de celle qui est indirecte et pâle. L'ombre est aussi

productive, mais d'effets misérables ou rudimentaires, dans tous les règnes de la nature.

L'homme se prévaut de ses capacités intellectuelles qui le placent au-dessus du rêgne animal comme maître et directeur. Les organismes de tous les règnes ne contribuent-ils pas tous à la mission commune du développement terrestre ? Où est l'organisme de n'importe quel règne, quelque chétif et misérable qu'il pariisse, qui ne soit point doué de l'intelligence divine pour l’animer et le diriger? Le microscope révêle le mouvement et par conséquent la vie dans tous les règnes; les mobiles humains se retrouvent caractérisés bien distinctement dans les étages inférieurs. Qu'est-ce qui distingue donc l'homme des autres organismes ? Son génie créateur ! Son immortalité ! Sa puissance! Mais tous les autres organismes partagent ces dons avec l’homme. Une graine quelconque à en elle tout un monde d'effets; un grain de sable est un réceptable aussi bien favorisé de la pensée divine que l’est l'organisme humain.

L'état matériel, l’état spirituel ou fluidique et l'état éthéré, appartiennent certainement à toute espèce d'organisme et à toutes les molécules qui les composent. Le langage humain est encore si peu développé qu'il distingue souvent le mot lieu de celui d'état dans les questions abstraites. Le lieux dans l’infini!... logiciens et réveurs, pouvez-vous comprendre et expliquer cela ?

La chimie éclaire le monde invisible matériel et ce flambeau décèle des existences spirituelles et éthérées, que les préjugés ou l'ignorance méconnaissent. Les règnes inférieurs ont des états supérieurs correspondant en tout point à ceux de l’homme. L'homme meurt pour atteindre un état supérieur ; l'animal, le végétal et le minéral également. La partie spirituelle et la partie éthérée de toute chose ne s’éloignent guere en

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réalité de la partie rudimentaire ou sombre et se trouvent toujours liées à elle,

Bonnes gens, qui croyez à un paradis éloigné, bien éloigné ! sachez donc qu’il vous touche de toute part. Si un état nouveau signifie un déplacement radical, où se trouve donc la liaison ?

L'homme qui devient éclairé sur la terre n’a pas besoin de chercher un paradis en dehors de là, car il s'en trouve environné et pénétré de toute part. Mais quelque éclairé qu'il soit, il ne pourra éviter de subir de nouveau, les états qu’il a déjà parcourus ou subis.

Mais, dira-t-on, le progrès n'est donc qu’une condition qui commence à l'ombre pour finir et recommencer au point de départ. C’est en effet ainsi que nous l’envi- Sageons. L'enfance se retrouve dans la vieillesse.

Pour ceux qui sucent encore à la mamelle de la morale et qui ne sont pas initiés aux hauts enseignements, cette doctrine devra paraître déplorable; aussi se garderont-ils de l’examiner, de l’étudier. Le savoir néanmoins devient tôt ou tard le partage de tous: la lumière succède à l'obscurité.

À Chaque émanation des rayons divins vers le cerveau humain, l’homme ne se trouve-t-il pas détrompé ou habillé à neuf d’idées nouvelles? Où est celui qui ne perd pas ce qu'il possède et qu’il chérit ardemment ? L'homme nouveau ne se rebâtit pas tout à coup, mais graduellement, Il en est de même des idées qui prennent la forme de doctrines; l’une s’enchevêtre dans l'autre à travers les âges peu à peu et sans secousses violentes pour ceux qui savent suivre la marche des choses.

Cette doctrine n'est pas nouvelle sur la terre comme germe, même productif de certaines applications isolées ou partielles. Le progrès est une succession qui s'épuise

pour renaître sous d’autres formes. Le progrès semble infini à l'œil étonné ; mais nous lui voyons, sinon un terme, du moins un recommencement. Celui qui dit par chacun des atomes de la nature entière : Je suis, trouve éternellement en dehors de lui-même, non pas des êtres qui violentent sa pensée, sa volonté, mais une atmosphère qu'il anime par son rayonnement. Ce rayonnement est tantôt nhysique, tantôt moral, tantôt intellectuel, ou, il est sombre, pâle et éclatant, suivant que Dieu fait la nuit, l'aurore, ou le grand jour autour de lui. |

Ne trouve-t-on pas sur la terre que l'obscurité enfante des créations rudimentaires ou grossières, que la lumière pâle en engendre d'analogues, et que la lumière vive produit des effets bien développés ?

La nature de la cause et ses degrés de manifestation se lisent, se témoignent dans les effets.

Cette doctrine subira une variété de modifications nouvelles qui changeront le caractère de ses nuances ; la forme changera, mais le fond restera. L'avenir qui se dévoile continuellement ne démontre toutes ses beautés qu'à la grande lumière. La grande lumière se fera un jour sur cette terre comme sur d’autres globes plus avancés.

L'ère païenne a eu son âge philosophique ; l'ère chrétienne ou l’ére actuelle commence à entrer dans le sien. Le xvixre siècle a annoncé la grandeur du siècle actuel. C'est un précurseur qui à brisé la terre des idées nouvelles et qui n’a fait qu'entrevoir l'horizon nouveau qui se dévoile aujourd’hui. La révolution des âges est bien plus grande et tranchée que celle des siécles, en ce sens qu'elle représente une plus forte somme de changements dans les idées.

La Réforme qui a été le commencement du second

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