AVANT- PROPOS
La matière de ce volume, dernier travail de F. Troyon, avait fait l'objet d'un cours public donné à Lausanne au commencement de l'année passée. Cette question de l'ancienneté de l'homme lui tenait fort à cœur. Il désirait faire connaître au public lettré de notre pays les preuves incontestables que nous a fournies sur ce sujet, depuis peu d'années seulement, la science géologico-archéologique. Dans ce but quelques séances publiques ne pouvaient lui suffire ; il fallait rédiger son cours pour le livrer à l'impression. €'est ce qu'il fit pendant Tété, maisli peine avait-il terminé son ébauche, qu'il fut enlevé à ses amis, à la science et à l'Eglise. Le lendemain du jour où il écrivait la dernière page de son manuscrit, Troyon tomba malade, et après peu de semaines il s'endormit en paix le 30 octobre 1866.
Son manuscrit, comme je l'ai dit, n'était qu'un premier jet, rapidement écrit, et qu'il n'avait pas eu le temps de relire; il l'aurait sans doute revu, cor-
YI. . AVANT-PROPOS.
*iHge,-arti^liôré-<îe*f)îeh des manières soit avant, soit pendant l'impression. Cette considération ne pouvait pas néanmoins arrêter sa veuve et ses amis de donner suite à ses intentions. La forme ne devait pas l'emporter sur le fond, et empêcher de livrer à la publicité les fruits des derniers travaux d'un homme, à la fois chrétien convaincu et savant consciencieux, qui faisait honneur à notre pays, et dont la perte est vivement sentie.
Mais aussi nous devons avertir les lecteurs, qu'ils ont sous les yeux un travail auquel l'auteur n'a pas pu mettre la dernière main, et que nous avons tenu à leur livrer, autant que possible, dans la forme même dans laquelle il nous l'avait laissé; au lieu que, en corrigeant davantage le style, comme il l'eût fait indubitablement lui-même, nous aurions couru le risque d'altérer la pensée de notre ami, ou tout au moins d'enlever à cet écrit quelque chose de son cachet personnel.
Le travail de F. Troyon avait été soumis au préalable à M. S. Chappuis, professeur.de théologie à la Faculté libre de Lausanne, qui, en le retournant à M™® Troyon, l'accompagnait des lignes suivantes :
Lausanne, 28 janvier 1867.
< Madame,
p J'ai lu avec un vif intérêt le manuscrit que vous m'avez confié, et sur lequel nous n'avons pas pu