AVANT-PROPOS. VII
avoir, Monsieur Troyon et moi, l'entretien qu'il avait désiré. Si je regrette que la conférence projetée n'ait pas eu lieu, c'est surtout parce qu'elle me resterait comme un précieux souvenir de cet excellent frère. Car d'ailleurs je vois clairement que je n'aurais eu aucune observation de quelque importance à lui soumettre. Mon intime conviction, très ancienne chez moi et qui s'est toujours plus affermie, c'est que l'Ecriture sainte ne veut pas nous révéler les sciences, ni l'astronomie, ni la géologie, ni l'histoire, la géographie et la chronologie, quoiqu'elle puisse contenir sur ces divers points des renseignements d'un haut intérêt. Ceux qui prétendraient alléguer l'autorité de la révélation en faveur de calculs chronologiques seraient, à mon avis, dans une grande erreur. La seule science que Dieu ait directement enseignée aux hommes dans l'Ecriture sainte, c'est la science du salut, et la grande question sur laquelle il veut nous éclairer, c'est celle de la conscience du pécheur quand elle se réveille : Que faut-il que je fasse pour être sauvé?
> Que la science continue donc librement ses recherches et que Dieu bénisse les travailleurs. Qu'à leur tour les chrétiens ne se laissent pas troubler et tiennent leur esprit ouvert à tout progrès dans la vérité. Tous les rayons viennent du même soleil central. Je crains sans doute que plusieurs ne soient surpris et un moment troublés en voyant qu'un chrétien comme M. Troyon admet que l'humanité est beau-