‹ L'homme fossile:Chapitre 13 sur 22 · RÉSULTATS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS HISTORIQUES

L'ensemble imposant des découvertes qui présentent la réunion des restes de l'homme, ou de son industrie^ avec les grands mammifères éteints; ces débris entraînés par les eaux, déposés pêle-mêle sous de puissantes alluvions, ou sous d'épaisses couches stalagmitiques; ces brèches remplies d'ossements calcinés, ou brisés par la main de l'homme, ou travaillés pour des instruments divers, ainsi que d'innombrables silex; ces sépultures de la Haute-Garonne et du Brésil, les plus anciennes connues jusqu'à ce jour; ces dessins d'animaux disparus, gravés sur l'ivoire ou sur le bois du renne, établissent nettement l'existence de l'homme en Europe et en Amérique à l'époque du quaternaire ancien.

On peut envisager ce résultat comme un fait irrévocablement acquis à l'histoire ; mais il se pose d'autres questions, car la science en est encore à chercher l'origine de l'homme, et rien ne nous dit que nous en posisédions les traces les plus anciennes. Il est donc naturel de se demander si son apparition ne remonte pas à une époque plus reculée que celle du diluvium ou du quaternaire. On ne saurait répondre affirmativement que par des découvertes présentant à cet égard

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des renseignements positifs , mais on ne doit pas non plus passer sous silence celles qui , sans résoudre encore cette di£Bculté, demandent cependant à être examinées d'une manière sérieuse.

L'homme a-t-il existé avant la période quaternaire?

En 1844, M. Âymard publiait la découverte de deux squelettes humains enfouis sous les dernières éruptions du volcan de Denise *, près du Puy en Velay. Ce volcan présente sur deux côtés de son cône des déjections àrgîlo-volcaniqttes,avec des cendres et des brèches, qui ont coulé jusqu'au fond du ravin. D'un côté les déjectionsont enfoui l'homme, et de l'autre, des os d'un animal lerûdÀre^ Elephas meridionalis^ mêlés à des débris d'espèces considérées comme quaternaires, telles que le mammouth, le rhinocéros, le cheval, le cerf, le bœuf. Pour conclure que l'homme ait été contemporain du mastodonte à Denise, il faudrait d'abord établir que les déjections des deux versants sont contemporaines, ce dont on n'a pas de preuves certaines, puis il importerait de s'assurer que la roche peu compacte, légère et poreuse qui contenait les ossements humains n'a pas été remaniée ou formée de débris détachés et réunis de nouveau, -ce qui lui assignerait une date plus récente. Cette hypothèse, d'après MM. Lyell^ Hébert, Lartet et Pictet, paraît mériter un nouvel examen.

^ D'ÂrchtaCy Faune quaternaire, pag. Ai. — Pictet^ TraHé de Pa^ lémUlogie, I, pag. 152.— Pictet, Question de V homme fosssile,i^^g. fL

AVANT I.A PÉRIODE QUATEHNAIRE. lil

H. F. Desnoyers ^ a retrouvé en 1863, à Saint-Prest près de Chartres, des ossements portant diverses înoi* sions,4Jansdes sables et des graviers stratifiés, pIuBancîeirs ^e les terrains de transport quaternaires des vattées de la Somme et de la Seine. Les fossiles de Sainte Prest sont : Elephas meridionaUs, Rhm(foer9s ieptorhi* nus, Hippopotamus mafor^ des cerfs, plusieurs espècesde bœofs, eit d'autres mammifères considérés comme ca^ ractéristiques des terrains tertiaires supérieurs ou plio^ cènes. C'est sur ces ossements que M. Desnoyers a constaté des entailles et des striesqui lui paraissent avoir été faites à l'aide de silex comme celles qu^on remarqua sur les restes des quadrupèdes trouvés dans les caver* œs ossifères, dans les terrains diluviens, et même dans les tombeaux d'âges postérieurs. Est-il possible d'affir* mer que ces incisions aient été nécessairement faites par rbomme , et que celui-ci soit par conséquent con^ tempwain de VElephas meridionalis f

Plusieurs musées possèdent des fossiles pliocènes du vabd'ArnK), en Toscane, sur lesquels on remarque les mêmes entailles. M. G. Ramorino montrait en 1865, à la société italienne des sciemces naturelles réunie à la Spezzia^, on osdetrhinocéros sur lequel on voit deux sillons larges et assez profonds,qui se croisent en forme de X. Yers les points d'attache des tendons, sont de petites entailles , pareilles à celles qu'aurait pu faire l'instrument tranchant employé à les détacher. Ces obçervations concordent avec celles de M. Desnoyers, mais

Lyetl, Ândefmeté. Appendice, pag. 94.

Mortillet, Matériaux pour H histoire de l'homme^ 2« an. pag. 41.

112 • l'homme a-t-il kxisté

4Su£Bseiitt-elles pour constater l'existence de l'homme à l'époque du pliocène?...

Une découverte qui aurait une bien plus grande portée, si elle se confirme, est celle que M. Simonin vient de mentionner ces derniers jours dans la Revue des deux Mondes^. Il parle de la partie supérieure d'un crâne humain, trouvé par M. Gocchi, de Florence, dans le terrain tertiaire du val d'Ârno, au milieu d'ossements de grands mammifères portant aussi des entailles.

Il est fort possible qu'on retrouve des traces plus an- €iennes de l'homme que celles qui ont été constatées avec la faune post^glaciaire, mais les données qui précè- <lent ne sont pas encore assez positives pour admettre <5omme une vérité historique son existence à l'époque pliocène. Si ces dernières découvertes se confirment, elles reculeraient l'apparition de l'homme en Europe pour le moins jusqu'au temps où la forêt de Cromer, dans le Norfolk , était hantée par trois espèces d'éléphants, le mastodonte tertiaire, le mammouth et l'^fephas antiquus plus rare que le précédent dans cette forêt. Dès lors le sol des Iles Britanniques, subissant diverses oscillations, a été généralement submergé. Audessus des dépôts marins et d'eau douce, qui ont recouvert alternativement la forêt de Cromer, de puissants dépôts glaciaires se sont accumulés. Après cela le sol de nouveau émergé, et réuni au continent, est encore foulé par de nombreux éléphants, à l'exception toutefois du mastodonte. C'est à cette dernière époque que l'homme apparaît en Angleterre avec le

^ Livraison du 1«' avril 1866, pag. 796,

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