‹ L'homme fossile:Chapitre 14 sur 22 · AVANT LA PÉRIODE QUATERNAIRE · texte numérisé non relu

AVANT LA PÉRIODE QUATERNAIRE

Rhinocéros hemitmehus, avec le grand ours des caverneSyfpuis avec le mammouth dans les terrains diluviens postérieurs aux dépôts glaciaires. L'homme assiste à une nouvelle évolution du sol qui se termine par la configuration actuelle des Iles Britanniques.

Considérations sur la faune cpiatemaire.

L'histoire de l'homme dans ces âges reculés étant intimement liée à celle de la faune, il importe de nous arrêter quelques moments à celle-ci, en prenant essentiellement M. d'Ârchiac pour guide, sans qu'il soit toutefois responsable de toutes les appréciations soumises au lecteur.

La faune post-glaciaire avec laquelle l'homme apparaît en Angleterre est au fond la même ou tout au moins parait correspondre au même moment que celles dont on retrouve les restes dans d'autres contrées, associés aux débris de l'homme ou de son industrie. Il va sans dire qu'à la même époque elle a varié suivant les climats; elle n'est point absolument la même du nord au midi de l'Europe, et l'on a vu combien elle diffère, quant à ses espèces, de l'ancien au nouveau monde. On peut cependant dire d'après MM. H. deMeyer et d'Archiac | qu'elle se compose d'abord « d'espèces identiques à celles qui vivent aujourd'hui dans les mêmes pays, puis d'espèces dont les identiques ne vivent plus que dans d'autres régions , enfin d'espèces éteintes dont les analogues se trouvent aussi à l'état fossile en

^ D'Ârchiac, Faune quaternaire', pag. 161 .

l'hohhe fossile. 8

114 GONSIDÂRATIONS SUR

Asie et en Afrique, mais avec d'autres qui vivent en Europe. Ces faits, constatés dès 1844, sont donc direc^ tement opposés à celte hypothèse gratuite qui avait à cette époque de nombreux partisans, et d'après laquelle les espèces avaient disparu par des catastrophes violentes et des changements subits de température. »

Cette extinction successive des espèces répond à une loi, qui reçoit son application dès l'apparition des êtres organisés à travers les époques paléontologiques du globe, et ces modifications se poursuivent jusqu'à nos jours, avec cette différence que nous ne voyons pas dans nos temps modernes de nouvelles espèces de mammifères remplacer peu à peu celles qui s'éteignent. Aux causes climatériques et autres qui ont agi dès les temps les plus anciens s'est ajoutée l'action de l'homme qui ne conquiert le globe qu'aux dépens de l'animalité. Partout où l'homme défriche et cultive le sol, partout où la civilisation succède à la barbarie, c'est au détriment d'un certain nombre d'espèces sauvages et surtout des plus grandes. L'homme contribue aussi à modifier la faune par la domestication de certaines espèces, et en outre par l'acclimatation, en introduisant dans les contrées qu'il habite des animaux de pays étrangers,

Il ne faudrait cependant pas attribuer aux premiers habitants de l'Europe une action trop prépondérante sur les modifications de la faune quaternaire. Cette action a dû être d'autant moins sensible que l'homme était moins civilisé; elle était sans doute à peu près ce qu'elle est encore de nos jours chez les tribus sauvages, qui cohabitent avec des espèces nuisibles qu'elles sont impuissantes à détruire. DÎsms les temps quaternaires,

LA FAUNE QUATERNAIRK. 115

les influences climatériques ont agi avec bien plus de force que Thonime» alors que les glaciers envahissaient les plaines et que la conâguration des continents variait d'après l'exhaussement ou l'affaissement du sol.

Indépendamment de ces considérations il faut aussi tenir compte de la différence que présentent plusieurs espèces fossiles dans la durée totale de leur existence. Les plus grandes paraissent subsister le moins longtemps, lors même que la vie des individus est généralement en rapport avec leur taille. Les grands mammifères sont d'ailleurs ceux qui supportent le moins bien le changement du milieu dans lequel ils vivent. Ce sont eux qui souffrent le plus de la sécheresse ou de la diminution des aliments. Plus encore, ils échappent moins facilement à leurs ennemis. En général ils sont aussi moins prolifiques.

Les modifications qu'a subies la faune pendant la période quaternaire, sont loin d'être également sensibles dans toutes les classes d'animaux. Ainsi elles sont très faibles chez les mollusques terrestres et fluviatiles , de même que chez les animaux inférieurs marins. Cependant on a vu les mollusques des hauts et bas graviers de la Somme accuser un changement climatérique.

De même que la disparition des grands mammifères fossiles n'a pas été simultanée, mais bien graduelle et successive, leur apparition a aussi subi la même loi. M. Lartet ' a cherché à faire l'histoire paléontologique des neuf types principaux qui caractérisent la faune

' Vhomme fossUe de laHatOe'Garanne.—LytW, Ancienneté, suppl. pag.30.

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