LA FAUNE QUATERNAIRE
physiques qui l'ont précédée, accompagnée et suivie. c Tous ces vertébrés, plus grands que leurs congénères actuels qui habitent les mêmes pays, apparaissent à un moment donné pour régner dans des régions géographiques distinctes, et disparaître ensuite, laissant leurs débris dans les alluvions des vallées, au fond des marais, dans les cavernes et les brèches, dont ils nous servent à déterminer l'âge avec certitude. Or la généralité et la concordance de ces phénomènes d'ordres . si différents sur tous les points de la terre, nous semblent un des résultats les plus importants et les plus curieux des observations de nos jours ^>
On ne saurait admettre, comme l'ont avancé quelques naturalistes allemands, que les grands mammifères quaternaires se soient transformés peu à peu, de manière que le grand cerf d'Irlande soit devenu le daim fauve, et le grand ours des cavernes, l'ours brun actuel, car il n'y a pas seulement, ainsi que le font remarquer MM. Ov^en et d'Ârchiac, une différence de taille, mais des caractères spécifiques distincts, ordinairement si prononcés qu'ils exigent l'établissement de sous-genres. D'autres part les espèces fossiles de petite taille, telles que la taupe, le rat d'eau, la belette en Europe, de même que les petits édentés de l'Amérique, associés aux mammifères gigantesques, sont encore les mêmes de nos jours qu'à l'époque quaternaire.
Tout nous montre donc que depuis l'apparition de l'homme les modifications essentielles de la faune ne consistent pas dans une transformation des espèces, donnant naissance à de nouvelles races, mais dans
' D'Archiac, Faune quaternaire^ pag. %i.
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Textinction graduelle d'un certain nombre d'espèces et entr'autres des plus grandes.
Climat et aspect de l'Europe occidentale pendant la période quaternaire.
La période quaternaire présente des variations climatériques fort considérables qui ont nécessairement réagi sur la flore et sur la faune de cette époque. Dans la plupart des parties du globe, un refroidissement de l'atmosphère a déterminé l'extension de nombreux glaciers qui ont transporté au loin leurs moraines. A la fonte des glaces, les eaux remanient une partie de ces terrains, ou tout au moins leur zone terminale qui a pu être plus d'une fois recouverte de nouvelles moraines, car il est vraisemblable que le mouvement de va et vient, qu'on remarque de nos jours au pied des glaciers, s'est produit d'une manière analogue pendant l'époque de leur grande extension, tout comme on admet que dans telle contrée leur retraite définitive s'est opérée plus tardivement qu'ailleurs.
Les plus anciennes traces de l'homme, nettement constatées, nous reportent après les dépôts glaciaires et pendant l'époque diluvienne, alors que l'intensité du froid avait diminué, mais on a vu, en étudiant la vallée de la Somme, que la température était loin d'être ce qu'elle est actuellement. Partout où nous trouvons le mammouth recouvert de longs poils, le renne et les mammifères qui vivent dans le voisinage des glaces, c'est qu'évidemment ils recherchaient le milieu climatérique qui est le leur. Les mollusques d'espèces sep-