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VARIÉTÉS

LE MODÉRANTISME Mis a la portée de tout le monde.

D. Qu’est-ce que le Modérantisme ?

R. Le Modérantisme est l’art de louvoyer en politique , c’est-à-dire, de ne heurter de front aucuir parti, et d’être toujours de l’avis du plus fort.

JD. Quel est l’avantage de ce système?

R. C.’est de conserver et d’obtenir des places sous tous les gouvernemens possibles.

D. Qu’est-ce qu’un modéré?

R. C’est un être essentiellement timide et souple de caractère.

JD. Quels sont les devoirs d’un modéré?

R. C’est d’applaudir à tous les actes de l’autorité, de trafiquer de son opinion, de s’abonner au Journal de Paris et au Spectateur, sans être néanmoins forcé de les lire.

JD. Parmi les citoyens modérés quels sont les plus remarquables?

R. Ce sont les députés du centre .

R>. Quel est le député modéré?

R. C'est celui qui soutient au péril de son honneur l’infaillibilité du ministère.

D. Que doit faire un député modéré?

R. S’il est éloquent, il doit parler en faveur de tous les projets de loi, quels qu’ils puissent être*, s’il ne l’est pas, il peut dormir pendant la discussion*, mais il doit *e lever lors du vote sur l’ensemble du projet.

Le député modéré doit soutenir que nous jouissons de la liberté individuelle et de la liberté de la presse , et ne point trouver mauvais que l’étranger se mêle de nos atfaires.

■D. Quelle est la devise du député modéré ?

R. Minister dixit,

D. Où dîne le député modéré?

R. Il a son couvert mis chez les ministres et chez les ambassadeurs étrangers.

D, Le député modéré est-il invariable dans ses opinions ?

R. A chaque discussion il peut en manifester une nouvelle : il doit savoir plaider le pour et le contre avec un égal succès.

D. Quelle est la fin dernière du député modéré?

R. La pairie, le ministère, la préfecture, ou tout au moins la sous-préfecture*, il devient même procureur du roi.

Ses pareus et alliés à tous les degrés, et ses ami*, peuvent demander avec confiance des places et des pensions.

D. Doit-il prétendre à l’estime de ses concitoyens?

R. Il doit se contenter de la bienveillance du ministère et des remerciemens de sa clientelle.

D. Tous les députés se réunissent-ils au centre?

JR. Non, nous avons encore le côté droit et le côté gauche.

D. Quels sont les députés du côté droit ?

R. Ce sont bons etjféaux Gaulois y bien impatiens qu il plaise à Dieu leur octroyer un état de chose plus conforme à leur intérêt que le présent. Daus leur saint enthousiasme , ces preux chevaliers trouvent quêtons les moyens sont bons *, ils s’arment avec une égale imprudence, eide la charte pour combattre le ministère, et des souvenirs de leur égoïsme pour repousser les idées libérales proclamées par la charte.

D. Quels sont les membres du côté gauche?

R. Ce sont des citoyens à qui l’amour de la patrie a tourné la tête, qui ne pensent point assez à euxmêmes, et qui n’ont de déférence pour les ministres que lorsqu’il s’agit de l’intérêt général.

D. Que doit-on penser de chacun de ces partis ?

R. Qu’ilfaut ménager le premier, parce que l’hypocrite ou le fanatique sont toujours dangereux-, mais qu’il n’y a pôiut d’iuconvéniens à persécuter l’autre, parce que les amis de l’ordre qui défendent les principes ne se révoltent jamais contre les hommes.

D. Faites la profession de foi du modéré ? 1

R. Je crois que tout est bien dans le meilleur des mondes possibles, et qu’en France tout marche à souhait Je crois que les économies ont été réparties

fort a propos sur la classe des chétifs employés qui îfont qu’une femme et des enfans à nourrir, tandis que les hauts fonctionnaires ont un rang à soutenir, des opinions à faire valoir, une fortune à accroître. Je crois que l’état n’a jamais été plus prospère, et les particuliers plus heureux , puisque moi et les miens nous engraissons à vue d’œil. Je crois que la responsabilité des ministres est une doctrine éminemment subversive de l’ordre social, eu ce qu’elle empêcherait nos patrons de disposer des places en notre faveur, & de les enlever à ceux qui en jouissent depuis long-temps -, que celle des agens du pouvoir en général deviendrait le signal d’une.révolution , parce qu’il est impossible de contraindre les préfets et autres fonctionnaires à savoir toujours bien positivement ce qu’ils font, ce qu’ils disent. Je crois que la liberté individuelle et la liberté de la presse sont des concessions de circonstance, qu’il est bon de mettre en opposition avec les tribunaux d’exception et des lois répressives ; enfin je crois que leurs excellences les ministres sont infaillibles jusqu’au dernier jour de leur puissance -, que l’amour de la patrie, l’honneur national et le système constitutionnel' ne sont que des chimères.

Je crois quîil n’y a rien de réel dans ce monde , si ce n’est un dîner ou le brevet d’une nomination à quelqu’emploi lucratif.

TABLEAU des ides et établissemens coloniaux que T Angleterre a escamotés , pour la plupart, aux autres puissances.

POSSESSEURS

NOMS

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